ESCH/BELVAL
CATHERINE KURZAWA

La station de récupération de chaleur pour le chauffage urbain Sudcal a été inaugurée hier

Cela n’a à priori pas de quoi capter l’attention des visiteurs du site d’ArcelorMittal Belval: un petit bâtiment en béton gris à côté duquel on retrouve une grande cuve en inox. Mais à y regarder de plus près, cet édifice recèle un grand potentiel: celui de chauffer l’équivalent de 4.000 maisons par an tout en économisant 5.000 tonnes de CO2.

Il s’agit en fait d’une station de récupération de chaleur qui est connectée au réseau de chauffage urbain Sudcal. Cette unité fait le lien entre d’un côté l’aciérie de Belval et de l’autre côté, les clients de Sudcal tels que le centre commercial Belval Plaza, la Rockhal, la BIL ou encore l’Université du Luxembourg.

En pratique, le four du laminoir chauffe à 1.250°c grâce à une alimentation au gaz naturel. De ce four sont évacuées des fumées de 300°c.

Jusqu’à il y a peu, elles étaient rejetées dans l’atmosphère. Mais depuis début mai et la mise en service de la station de récupération, une déviation du flux est opérée vers un échangeur air-eau où l’eau est chauffée à 100°c. Cette unité étant connectée au réseau de Sudcal, l’eau chaude y est injectée pour alimenter les bâtiments chauffés par Sudcal.

«C’est un moyen efficace, écologique et économique pour compenser la fermeture de la centrale Twinerg», a résumé le directeur général d’ArcelorMittal Luxembourg, Roland Bastian. Admettant qu’il n’y a «rien d’innovant», le Luxembourgeois a pointé qu’un dispositif similaire avait été mis en place chez ArcelorMittal à Dunkerque (en France) et sur le site de Rodange, mais pour chauffer les bâtiments de l’aciériste.

2 millions d’euros investis

A lui-seul, ce dispositif assure 70% des besoins de Sudcal, le reste provenant d’une chaudière à gaz. Il a coûté 2 millions d’euros, une somme investie par DKEL, la filiale luxembourgeoise de Dalkia, elle-même filiale du groupe EDF. «Ce dispositif n’entraîne pas de gain financier pour ArcelorMittal», a insisté Roland Bastian tout en précisant qu’aucun effet ne s’en ressentira dans les émissions polluantes du géant de l’acier. «Nous sommes conscients de notre rôle écologique et social», a-t-il déclaré avant de rappeler que «la sidérurgie européenne est la plus performante en matière environnementale». Le président du conseil d’administration d’ArcelorMittal Michel Wurth était également présent tout comme le ministre de l’Economie Etienne Schneider. Ce dernier s’est félicité du chemin parcouru par Sudcal, une structure qu’il présidait jadis. Et d’ajouter à propos de la station de récupération que «c’est un point important dans la stratégie Rifkin». Avec 180 clients raccordés et un réseau de 20 km de long, Sudcal exploite un réseau de chauffage urbain à Esch/Belval. L’entreprise est détenue par l’Etat à 99,9% et par la Ville d’Esch/Alzette et la Commune de Sanem dans une moindre mesure.