LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le Luxembourg Microfinance and Development Fund fait le point sur ses activités

Avec un portefeuille d’investissement en hausse de 39% dans les institutions de microfinance à près de 18 millions d’euros et un rendement de 3,0% pour les investisseurs privés, le Luxembourg Microfinance and Development Fund (LMDF) se veut être un produit financier qui satisfait autant ses bénéficiaires que ses investisseurs. Cette rencontre entre le volet social et financier remonte à 2010. En cinq ans, 80.000 microcrédits ont été financés et 30.000 micro-entrepreneurs en bénéficient actuellement. Les investissements se répartissent partout dans le monde, à commencer par l’Amérique latine (62%), l’Asie (23%), l’Afrique (13%), et les pays développés (2%). Hier, l’assemblée générale du fonds a été l’occasion de marquer la fin de la phase de démarrage de l’outil pour se lancer dans celle de croissance.

«D’ici deux à trois ans, nous voulons doubler la taille du fonds via les institutionnels et les privés», explique le directeur du LMDF, Kaspar Wansleben. Premier signe encourageant, les souscriptions de particuliers ont atteint 350.000 euros en juin. «Notre difficulté reste de créer des liens avec les banques pour qu’elles assurent la distribution du produit», reconnaît son directeur. L’outil se partage en trois classes d’actions: A pour celles souscrites par l’Etat luxembourgeois (21%), B pour les institutionnels (69%) et C pour les particuliers (environ 9%). Et c’est dans ce dernier segment que les ambitions du fonds se concentrent. «On peut investir dans un fonds comme LMDF sans prendre trop de risque», appuie Kaspar Wansleben. L’an dernier, les investisseurs institutionnels ont récolté un rendement de 4,1%. Une différence d’un pourcent avec les privés qui s’explique par la structure même du fonds. La classe A souscrite par l’Etat absorbe les risques liés à la microfinance. «L’actionnaire sait qu’il est protégé contre les risques en microfinance», souligne le président du LMDF, Kenneth Hay.

De la microfinance aux projets forestiers

En tant que sicav à compartiments multiples, le LMDF réfléchit à la création d’un second compartiment, non plus axé sur la microfinance mais sur les projets forestiers dans les zones tropicales. En pratique, il est question de limiter les dégâts causés par la déforestation via des démarches variées comme par exemple l’extraction d’une partie du bois de manière durable. Pour l’instant, le gouvernement n’a pas marqué d’engagement dans cette démarche qui, rappelons-le, en est au stade du projet.

Dans la microfinance, le LMDF se distingue par un partenariat avec l’ONG ADA mais aussi le développement d’activités dans des segments spécifiques comme les femmes, les jeunes et les populations rurales. Par exemple, 76% des 29.665 micro-entrepreneurs financés l’an dernier par le fonds sont des femmes, peut-on lire dans le rapport du fonds. Ce dernier est résolument axé sur des niches au point de vue du développement et de l’action sociale. «Si on double le fonds à 40 millions d’euros ou à 60 millions d’euros, on reste dans la niche», estime Kenneth Hay. Et à Kaspar Wansleben de conclure: «On est un instrument qui crée des liens».


www.lmdf.lu