CATHERINE KURZAWA

Vous êtes plutôt raclette ou barbecue? Ce weekend, nous avons l’embarras du choix compte-tenu de la météo. Depuis une dizaine de jours, l’hiver s’en est allé crécher ailleurs. Il fut bref. Faut-il rappeler que le 14 octobre, jour des élections législatives au Luxembourg, le mercure dépassait les 20 degrés? Ce n’est pas pour rien que certains analystes politiques ont évoqué une vague verte au sujet de ce dimanche électoral. Les électeurs étaient en effet appelés aux urnes au Grand-Duché, en Belgique mais aussi en Bavière. Ces trois scrutins ont été marqués par une percée des partis écologistes.

Il y a quelques années encore, le réchauffement climatique était un sujet plutôt théorique. Il s’expliquait à l’aide de graphiques et de films où l’on voyait la banquise fondre. Aujourd’hui, le phénomène se démontre clairement en pratique puisque nous n’avons même pas encore eu le temps de brûler nos vieux sapins de Noël pour dire «Äddi» à l’hiver lors du «Buergbrennen» que l’on est déjà tenté de prendre rendez-vous pour faire monter nos pneus été.

Le réchauffement climatique fait désormais partie de notre réalité. La question est maintenant de savoir ce que l’on peut faire pour lutter contre ce phénomène, ou à tout le moins le limiter.

Et là, l’équation est très difficile à résoudre. Il y a un tas de petits gestes que l’on peut faire pour réduire son empreinte carbone. En octobre dernier, l’AFP les a listées. Les moins impactantes sont changer ses ampoules pour des LED, étendre son linge plutôt que faire tourner le sèche-linge, recycler, laver son linge à l’eau froide et choisir une voiture hybride plutôt qu’à essence. En revanche, en se basant sur les réductions des émissions en tonnes équivalent CO2 par an, la mesure la plus impactante est d’avoir un enfant de moins, devoir abandonner la voiture à essence et renoncer à un vol transatlantique.

Les courbes de croissance de la population et celles des émissions polluantes sont en effet liées, c’est inexorable. Quant au fait d’abandonner sa voiture à essence, encore faut-il trouver des alternatives. Lorsqu’on a la chance de vivre en ville, cela est encore possible, mais nettement moins une fois que l’on vit en dehors. Pour les voyages en avion, ils ont tellement pris de place dans notre vie que beaucoup se voient mal y renoncer au nom de l’environnement.

Alors, que faut-il faire? Se demander si ces privations feraient le poids. La réponse est non. La population européenne représente 9,8% de celle du globe, loin derrière l’Afrique (16,6%) et l’Asie (59,7%). La balle est donc avant tout dans le camp du continent asiatique, et en particulier de la Chine et de l’Inde, qui comptent respectivement 1,3 et 1,1 milliard d’habitants soit 32% de la population mondiale. Si nous agissons et que ces deux mastodondes ne changent rien à leurs habitudes, nous aurons lancé une bouteille à la mer. Je n’ai rien contre ces démarches durables mais force est de constater que leur empreinte est discutable. Nous ferions mieux de transmettre notre «know-how» en la matière à ceux qui pourraient en faire un meilleur usage. Au final, nous en bénéficierons tous aux quatre coins du globe.