ESCH-SUR-ALZETTE
CHRISTIAN SPIELMANN

«Le Charlatan» de Robert Lamoureux au Théâtre d’Esch

En janvier 1978, l’acteur, réalisateur et cénariste Robert Lamoureux, décédé en 2011, a crée la comédie «Le Charlatan» au Théâtre Gabrielle Dorziat à Epernay. La société de production parisienne les Grands Boulevards a repris la pièce le 1er octobre dernier. Mardi soir, la troupe a donné une représentation au théâtre d’Esch-sur-Alzette.

Un appartement vide

Emile (Jean-Pierre Castaldi) rend visite à son ami Albert (Olivier Le Jeune) dans un appartement vide. Tout le mobilier d’Albert a été saisi suite à la faillite de son agence de voyage spécialisée dans les voyages dans la région de l’Himalaya. Emile risque la prison parce qu’il a construit une cité de 40 maisons sur un terrain lisse. Sans fondation, les habitations ont glissé dans un lac artificiel aménagé sur une décharge. En dépit de sa seizième faillite, Albert reprend sa vie en main en prétendant être un maître de la médicine des fins fonds de l’Inde. Il devient un spécialiste aux honoraires exorbitants dans la guérison de troubles nerveux. Son ancienne secrétaire Huguette Clonche (Geneviève Gil) reprend son travail et, dans un habit indien, reçoit la première cliente Madame Ourfoule (Lydie Muller). Cette femme rupine cherche de l’aide pour son neveu Félix Carbille (Pascal Provost), un député qui bégaye et souvent ne réussit pas à prononcer un seul mot.

Par miracle, Felix tient un discours foudroyant, exempt de bégayements, devant le parlement. Emile voit leur opportunité venue, car Félix détient des papiers secrets avec lesquels il pourra faire chanter les Etats européens, et ainsi, les deux charlatans pourront se refaire une fortune grâce à ses relations. Et voilà le député promu au rang de candidat pour les prochaines élections. Le nom de leur parti est «R.I.E.N.» - Rassemblement des Indépendants de l’Entente Nationale. Mais ce secret est convoité aussi par des gens malhonnêtes comme Dupont (Martial Courcier).

Un rire spécial irritant

Jean Martinez a mis en scène cette comédie adaptée pour le 21ième siècle. L’histoire est d’actualité, car les charlatans n’ont pas cessé d’exister et continuent de vouloir escroquer l’argent des gens crédules. Les politiciens avides de pouvoir ne sont pas morts non plus. L’histoire fonctionne assez bien au début, avec une ribambelle de jeux de mots, mais aussi de gags visuels grâce aux personnages d’Huguette et de Félix. Or, avec le développement de l’idée politique, la pièce souffre verse dans quelques longueurs.

Jean-Pierre Castaldi est surtout connu par ses rôles de cinéma - il a notamment joué dans les coproductions luxembourgeoises «D’Artagnan» et «George and the Dragon ».

Il a interprété sans peine le rôle de ce charlatan qui éprouve même des remords quant à son acte répugnant. Son partenaire qui sait disperser son chagrin est interprété par un Olivier Le Jeune en pleine forme. Quand même lui, le professionnel, s’est fait irriter à plusieurs reprises par le rire très spécial d’une spectatrice. En fin de compte, tout le monde lui a pardonné car, ensemble avec la troupe, il a bien diverti les spectateurs.