LUXEMBOURG
SÉBASTIAN THILTGES

Avec Sabotage, Jeff Schinker et Hydre Éditions signent leur ouvrage le plus volumineux - composé de quatre textes, écrit en quatre langues, dans un ensemble de plus de 250 pages

Si le fil rouge des récits peut être présenté, dévoiler les identités narratives contreviendrait à ce que l’auteur conçoit comme un raffiné jeu de piste, requérant une attention à chaque détail, tel un prénom évoqué ou un discret accord féminin. Le premier texte raconte une séance de «Team building» conduite par un sadique meneur de troupes. Le deuxième, «Karoshi», confronte deux chômeurs-affabulateurs à leurs cyniques placeur et placeuse. Ces deux écrits dénoncent l’infantilisation et l’aliénation des employé.e.s face à l’idéologie entrepreneuriale et au langage bureaucratique, mais mettent aussi en avant les contre-récits que l’individu peut inventer pour se dérober à cette domination. Les protagonistes de «Title ruse» gravitent au sein du microcosme littéraire luxembourgeois dans tout ce qu’il a de plus guindé. Enfin, «Lâcher prise» a pour cadre une soirée d’anniversaire d’un riche banquier, organisée au Literarisches Colloquium Berlin, à laquelle s’invite notamment un écrivain luxembourgeois prénommé Jeff. 

Lëtzebuerger Journal

Un pluriling isme qui structure la totalité de l’ouvrage

L’écriture est tout aussi hétéroclite. L’auteur mélange séquences poétiques, interludes humoristiques, critique sociétale acerbe, et descriptions de beuveries et de copulations sans bride ni mesure, non sans échapper lui-même à un certain excès stylistique et conceptuel. Hormis l’invention de personnages originaux et d’histoires croustillantes, Sabotage met surtout en avant la dimension métalittéraire. Celle-ci se traduit par la foultitude de personnages écrivains, par les réflexions sur l’écriture et les innombrables références (souvent croisées et commentées) à la littérature, la philosophie et la culture populaire, par des jeux de mots, par d’incessants (auto)commentaires narratifs, mises en abyme et récits enchâssés, ainsi que par des pastiches de différentes formes scripturales.

La particularité du livre, qui saute à l’œil dès sa quatrième de couverture, est sa rédaction en luxembourgeois, français, allemand et anglais. Si le plurilinguisme littéraire n’est guère inédit au Luxembourg, il s’affiche ici en tant que principe structurant la totalité de l’ouvrage. «Alors que j’étais en résidence littéraire à Berlin, explique J. Schinker, auteur luxembourgeois écrivant principalement en français, je me suis mis à concevoir l’usage des quatre langues comme un défi littéraire, une contrainte oulipienne». Projet poétique, «Sabotage» est aussi politique, se positionnant par rapport aux débats enflammés de la dernière période électorale: «Dès que t’écris en luxembourgeois, tu te frottes forcément à ce truc! Écrire est alors une affaire éthique et l’auteur doit se demander comment contrecarrer ces discours. Mon livre montre une parité linguistique, à travers l’emploi équilibré des quatre langues que j’écris, mais cherche aussi à dissoudre ces frontières, pour contrer tout ségrégationnisme.» Ce faisant, le livre s’immisce aussi dans les débats animant la Luxemburgistik: la littérature luxembourgeoise est-elle une littérature multilingue ou bien chaque langue littéraire représente-t-elle un champ singulier? «Sabotage» prend position en faveur de la première réponse, faisant fi des catégories monolingues et monoculturelles. 

Impression d’unité

Malgré le mélange des langues, des voix et des formes littéraires, l’ensemble repose sur une structure cohérente. De la suite des quatre textes – qu’il convient idéalement de lire dans l’ordre proposé – émerge une impression d’unité et de progression qui résulte de l’accentuation des principes narratifs et poétiques du livre: alors que les premiers récits se parent d’une trame évidente, celle-ci est décousue au fil des pages, le dernier texte lâchant audacieusement les rênes à l’enchevêtrement des voix, à la transgression de la mise en page et à la confusion des plans fictionnel et autobiographique.

Le tableau final du livre paraît mélancolique, concluant sur l’incapacité d’écrire la totalité des pensées et des sentiments intimes d’un être, qu’il soit de chair et d’os ou parole littéraire. Écrire signifie alors broder incessamment, autour de cette question obsédante, une épaisse étoffe d’échos désenchantées, de piques ironiques et de commentaires métalittéraires. «On en revient toujours à l’éthique de l’écrivain, souligne J. Schinker: face à l’incessant flot de paroles et d’informations qui nous submerge – et qui pourtant ne traduit qu’une pensée unique –, je choisis de répondre par la digression.»

Jeff Schinker: Sabotage. Hydre Éditions, 264 pages, 22 euros

Lëtzebuerger Journal

Felipe H. Cava & Raúl | Berlin 1931

Ein Mann mit einer Kugel im Arm, auf der Flucht: Die Gruppe entscheidet, ihm zu vertrauen. Doch Philip Hewitt ist ein Spitzel, der im Auftrag der Berliner Polizei den linken Untergrund infiltriert. Er verliebt sich in Martha, die den vermeintlichen Genossen in Sicherheit bringt, und steht schließlich vor der Entscheidung, sie auszuliefern oder tatsächlich zum Gejagten zu werden. Nicht der Plot macht „Reise nach Swinemünde“, die prominenteste der drei Erzählungen in diesem Band, aufsehenerregend, nicht die oft reichlich klischierten Dialoge. Raúl illustriert den Spionagekrimi in Stilen der deutschen Moderne, zitiert die lichtverliebten Szenen von Max Liebermann, den Expressionismus Heckels, Schmidt-Rottluffs, Noldes, Kokoschkas und immer wieder Georg Grosz, ändert dabei abrupt die Stilrichtung und sagt damit mehr über die Kunst und das Lebensgefühl der untergehenden Weimarer Republik, als Worte es könnten. Die anderen beiden Geschichten, „Der König des Kongo“ und „Alles Träume“, sind nur wenige Seiten lang, helfen aber, die Wirklichkeit zu etablieren, in der „Reise nach Swinemünde“ spielt. Es ist eine Welt wie eine Falltür. In jedem Panel wird Unbehagen spürbar, Unruhe, der sich allmählich manifestierende Hass. Dieser historische Comic ist selbst ein Stück Comicgeschichte, und die Wiederauflage ergibt angesichts der unsicheren Gegenwart, in der nationalistische Bewegungen erneut erstarken, Sinn. (von Elisabeth Dietz)

avant-verlag, 76 Seiten, 22 Euro

Michelle Obama | Becoming. Meine Geschichte

Wenn eine Autobiografie mit „Becoming“ betitelt ist und wenn es dort etwa heißt: „Ich bin als ganz normaler Mensch auf einen außergewöhnlichen Weg geraten“, dann klingt das zunächst wie die Affirmation des „American Dream“-Versprechens. Tatsächlich aber versucht Michelle Obama gerade nicht, eine heile Welt vorzugaukeln. Bereits auf den ersten Seiten schlägt sie kritische Töne an. Vor allem die in den USA nach wie vor spürbare Unterscheidung und Ungleichheit zwischen „schwarzen“ und „weißen“ Menschen zieht sich wie ein roter Faden durch die Schilderung ihrer Lebensgeschichte und ihrer Begegnungen. Sie berichtet aber auch, und das mit einer Ehrlichkeit und Offenheit, die man dem Werk vielleicht gar nicht zugetraut hätte, von persönlichen Kindheitserinnerungen, ihrem Anliegen, Familie vor alles andere zu stellen, was mit Barack Obamas politischen Ambitionen oftmals kollidiert hat, und dem nach ihrer Zeit als First Lady außergewöhnlichen Erlebnis, sich einmal allein im eigenen Haus aufhalten und sich selbst einen Toast zubereiten zu können. Michelle Obama gelingt es, an die Gefühle des Lesers zu appellieren, Warmherzigkeit und Hoffnung zu vermitteln. Das, in Kombination mit vielen Passagen, die lange im Gedächtnis verhaften bleiben, macht die Autobiografie zu einer lohnenswerten Lektüre. (von Christine Mandy)

Goldmann Verlag, 544 Seiten, 26 Euro

Éric Vuillard | La Guerre des pauvres

«Et c’est l’émeute. Le peuple se soulève».  Dans son dernier livre, Éric Vuillard prend pour objet les révoltes paysannes du XVIe siècle, en se plaçant du côté – et aux côtés – des vaincus. Car ces soulèvements populaires contre l’injustice se terminent souvent mal. Le récit n’est pas pessimiste pour autant: en très peu de pages d’une intensité remarquable, l’écrivain montre que la répression, aussi violente soit-elle, ne vient jamais à bout de l’esprit de révolte. Face à l’indécence du pouvoir, les opprimés finissent toujours par redresser la tête – et ce jusqu’à nos jours. Le livre, publié de manière anticipée, entre ainsi en résonnance avec le mouvement des gilets jaunes qui secoue la France d’aujourd’hui. En écrivant l’Histoire sans abandonner la fiction, Vuillard propose à la gauche des mythes politiques. Sa généalogie de la révolte remonte à la fin du Moyen Âge: dans ce monde où les puissants (seigneurs, princes, prélats) se partagent le gâteau et maintiennent les pauvres dans l’ignorance pour mieux les asservir, un prédicateur enflammé mène le peuple à la révolte. La figure de Thomas Müntzer, véritable héros du récit, nous rappelle que la modernité est inséparable des luttes contre l’argent, la force et le pouvoir. (par Julien Jeusette) 

Actes Sud, 80 pages, 8.50 euros

Lëtzebuerger Journal

That’s not writing, that’s just typing”, sagte angeblich der Schriftsteller Truman Capote über seinen Kollegen Jack Kerouac (1922-1969) und dessen Roman „On the Road”. Warum? Nun Kerouac tippte das Manuskript der Legende nach in einem dreiwöchigen Benzedrin-Rausch auf eine 36 Meter lange Papierrolle aus zusammengeklebten Seiten (die man übrigens vor ein paar Jahren im Pariser „Musée des lettres et manuscrits“ besichtigen konnte). Sogar zum Blatteinlegen sollte der Schreibprozess nicht unterbrochen werden. So wollte er durch seine fieberhafte Arbeitsweise das Lebensgefühl der jungen Schriftstellergeneration einfangen, die später als Beat-Generation bekannt wurde (unter anderem William S. Burroughs und Allen Ginsberg). Capote urteilte abschätzig über Kerouac, aber eben diese atemlose Schreibweise macht die Besonderheit des Buches aus. Hier verbirgt sich hinter dem Text kein sorgfältig vom Autor erdachtes Konstrukt, das der Leser freilegen muss. Die Handlung ist eher lose und beruht auf wahren Begebenheiten - Kerouac, der sich im Text Sal Paradise nennt, trampt kreuz und quer durch die Vereinigten Staaten und Mexiko. Dabei begleitet ihn meistens sein Freund Neal Cassady (im Buch heißt er Dean Moriarty), ein schillernder, wenn auch unsteter Charakter, der Kerouac durch seine Spontaneität und seine Sprache fasziniert. Diese Lebendigkeit soll so unverfälscht wie möglich eingefangen und zu Papier gebracht werden. Kerouac sagte übrigens selbst, dass er nur wenige Monate unterwegs war, den Rest seines Lebens verbrachte er in der Küche seiner Mutter, an der Schreibmaschine. Er war nicht so wild auf das Abenteuer wie seine Freunde, seine Leidenschaft war das Schreiben - und Capote fiel es vielleicht einfach schwer, zu akzeptieren, dass bei Kerouac sogar das Getippte nach Literatur klang. (von Claudine Muno)

Penguin Classics, 320 Seiten, 7.39 Euro

LeseZeichen

Huhu, Herr Hausemer (Teil 2)

Dies ist die Fortsetzung des Interviews, das unser Mitarbeiter Robi Robinet mit Georges Hausemer führte.

R: (ungeduldig) Ist Hamen denn nun Bjørnstad?

H: Das, mein Sohn, ist eins von den sieben großen Binsfeld-Mysterien. Da kann ich nicht weiterhelfen, das ist höhere Gnosis. Da müssen Sie ganz oben nachfragen.

R: Gut, mach ich nachher. Stichwort Kochbücher: Mit der Figur „Theo Selmer“ nehmen Sie ganz klar sich selbst auf die Schippe. Nur Ihre Kochbücher kommen gar nicht vor. Wieso wurde das ausgeklammert?

H: Oha. Da haben Sie jetzt aber einen wunden Punkt getroffen.

R: Wie das?

H: (erzürnt) Weil die Öffentlichkeit mich nie als Kochbuch-Autor von Rang gesehen hat! Immer nur brillante Belletristik hier, meisterhafte Reiseliteratur da. Dabei habe ich zwei äußerst bedeutende Kochbücher geschrieben. Und keinen interessiert’s. Stattdessen reden alle ständig von dieser Pfuscherin Anne Faber.

R: Cookbitch?

H: Das haben Sie jetzt gesagt. Aber Schwamm drüber. Wir müssen ohnehin gleich Schluss machen, ich bin nämlich mit Jempi Nosbusch zum Fußball verabredet.

R: Mit der Romanfigur von Roland Meyer?

H: (lacht) Der dicke Schulmeister. Meyer ist doch nicht real. Ein fiktiver Tausendsassa, den sich der Schriftsteller Jempi Nosbusch ausgedacht hat. Und noch dazu eine völlig überzogene Figur. So jemanden gibt’s doch nicht wirklich.

R: Veräppeln Sie mich etwa schon wieder?

H: Die Helminger-Brüder sind übrigens ein und dieselbe Person. Ein polyglotter Baggerfahrer aus Kayl. Oder Tetingen, keine Ahnung.

R: Und Xavier Bettel hat es die ganze Zeit gewusst…

H: Sie hab’ ich mir auch nur ausgedacht, Professorchen.

R: (verunsichert) Das sehe ich naturgemäß anders… Aber gut, möchten Sie unseren Leserinnen und Lesern noch etwas mit auf den Weg geben?

H: Nehmt euch nicht immer so verdammt ernst! Dafür ist das Leben viel zu kurz.

R: Georges Hausemer, wir danken Ihnen für dieses Gespräch.

H: Gern geschehen. (lacht)

Das Interview wurde aufgezeichnet von Francis Kirps.