LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Les institutions financières ont bien réagi face à la crise

Comment le secteur financier se remet de cette première vague de Covid-19 et de ces semaines de confinement? En seulement quelques jours, tout le pays a fermé ses portes et les entreprises ne pouvaient plus accueillir leurs employés en toute sécurité. A part les postes jugés de première nécessité, la quasi totalité des employés du secteur financier ont dû mettre quasi du jour au lendemain leurs employés en télétravail. Une nouvelle logistique pour certains, une simple formalité pour d’autres.
Le pôle d’innovation Digital Banking et FinTech de l’ABBL et KPMG Luxembourg ont uni leurs forces pour mener une étude visant à comprendre comment la pandémie Covid-19 a influencé les aspects opérationnels, technologiques, organisationnels et RH à l’intérieur des institutions financières au Luxembourg. Histoire de faire le point sur ce qui a marché, les points forts d’un secteur résilient, mais aussi les faiblesses. Quelque 43 institutions financières ont répondu à une série de 30 questions en ligne entre le 3 et le 17 juin dernier. Le questionnaire était divisé en deux grandes sections. La première section porte sur la réaction et la résilience: répondre à la crise et gérer l’incertitude. La deuxième section porte sur la reprise et la nouvelle réalité: planifier une sortie de crise et s’adapter au nouveau monde.
Plutôt que de blâmer les effets de la crise, le secteur y a vu une opportunité de se réinventer, notamment en mettant un gros coup d’accélérateur sur les solutions digitales. La crise a ainsi été considérée comme une opportunité, par 60% des personnes interrogées, d’identifier clairement les éléments faibles des plans de continuité des activités et d’y remédier. Plus de 40% des personnes interrogées estiment être maintenant tout à fait prêtes à faire face à une deuxième vague, alors que seulement 9% des personnes interrogées estiment être seulement raisonnablement prêtes. Aucune personne interrogée ne pense qu’elle ne serait pas prête du tout.

Le développement de capacités de travail à distance

Parmi les autres effets positifs indiqués, les personnes interrogées ont souligné le fait que la crise leur a permis d’augmenter considérablement l’adoption du travail à domicile dans l’ensemble de l’entreprise et a facilité le développement de capacités de travail à distance. Conséquence, 23% des personnes interrogées pensent même qu’elles réduiront l’espace physique de leur entreprise dans les prochaines années.
Il est intéressant de noter qu’avant la crise, la plupart des personnes interrogées (53%) ne permettaient à aucun de leurs employés de travailler à domicile, tandis que 38% avaient rendu possible certaines fonctions spécifiques et seulement 9% l’avaient fait pour l’ensemble des employés. Cependant, dans la plupart des cas, cette possibilité restait limitée à un jour par semaine.
Mais tout n’est pas rose. Depuis le début de la crise, 37% des personnes interrogées ont observé une augmentation des cyberattaques ou des tentatives de fraude sur les infrastructures de leurs institutions. À la lumière de ces circonstances exceptionnelles, et pour faire face à ces risques accrus de cyber-attaques ou de fraude, la grande majorité des institutions financières interrogées ont soit mis en place des contrôles manuels supplémentaires (31%), soit intégré des solutions de sécurité informatique et des logiciels supplémentaires (43%), tant en interne dans leurs opérations que dans leurs connexions et communications externes avec les clients et les tiers.
L’enquête COVID-19 met en évidence les lacunes de la transformation numérique avant la pandémie, même si les institutions financières ont été capables de se remettre rapidement sur pied. 39% des personnes interrogées ont pu se remobiliser extrêmement rapidement, sans perturbation ou presque, en ne prenant pas plus de deux jours pour être pleinement opérationnelles. 30% ont eu besoin de trois à cinq jours pour se remettre sur les rails. Si la plupart devrait être prêts pour une deuxième vague, l’étude montre que la pratique du télétravail devrait être encouragée à l’avenir, même sans pandémie.