LUXEMBOURG
JULIEN FELT/CLAUDE KARGER

Le Luxembourg s’apprête à fixer un premier cadre légal pour le tatouage, le «piercing», le «cutting» et le bronzage UV

Le gouvernement va règlementer l’activité des salons de tatouage et de piercing (perçage) en fixant des normes concernant notamment les mesures d’hygiène devant entourer ces pratiques»: ce que le chapitre «Santé» du programme gouvernemental de décembre 2013 annonçait, le projet de loi portant le numéro 7000 doit le mettre concrètement en oeuvre.

Garantir hygiène et salubrité

Cette semaine, les membres de la Commission parlementaire de la Santé et de la Sécurité Sociale ont planché sur le texte déposé en mai 2016 par la ministre de la Santé Lydia Mutsch (LSAP) et avisé par le Conseil d’Etat début mars 2017. A noter que la Haute Corporation a encore formulé quelques oppositions formelles.

Au rapporteur Georges Engel (LSAP) et à ses collègues en commission d’apporter les dernières touches au projet qui réglementera non seulement le tatouage, le perçage, mais aussi le «branding» - le marquage d’une partie du corps par brûlure et cicatrisation subséquente - et le «cutting» - le marquage de la peau par incision et cicatrisation subséquente - et enfin le bronzage par appareils UV. Le nouveau cadre légal - le premier à règlementer des activités qui comportent un certain risque pour la santé des clients et qui pourtant n’étaient ni soumises à autorisation, ni contrôlées jusqu’ici - s’inspire très largement des exigences d’hygiène et de salubrité déjà en vigueur depuis près de dix ans en France.

«Branding» et «cutting» interdits aux mineurs

Elles ne s’appliquent pas seulement aux locaux, aux instruments et substances nécessaires pour le tatouage et les autres techniques de marquage de peau, mais aussi au savoir-faire des professionnels qui auront à l’avenir à suivre une formation d’hygiène et de salubrité d’au moins 21 heures.

Ils seront aussi tenus à informer au préalable leurs clients sur les risques et les effets irréversibles des actes demandés et le consentement du client devra être documenté et conservé pendant une période de cinq ans. Enfin, en termes de protection des mineurs, le législateur compte interdire les techniques de «branding» et de «cutting» sur mineurs. Mais ces derniers pourront se faire tatouer ou «piercer» si leurs parents les y autorisent. Une floppée de nouvelles contraintes donc pour la trentaine de tatoueurs (d’après l’annuaire téléphonique) qui opèrent au Grand-Duché.

Avis partagés

Nous avons demandé à quelques artistes tatoueurs leur avis sur la réforme et notamment la formation d’hygiène obligatoire de minimum 21 heures.

On peut dire que les opinions sont partagées, certains pensent que c’est une bonne idée, notamment à cause des nouveaux salons qui ouvrent et dont l’hygiène ne serait pas au point. «C’est une bonne idée, c’est la base du tatouage», nous a confié par exemple Absolut Ink. D’autres en revanche sont déçus, car la formation n’est pas portée totalement et exclusivement sur le tatouage. Un dossier à suivre donc...


Le projet de loi et les avis afférents sont disponibles sur le site web de la Chambre des Députés: www.chd.lu. Tapez le numéro 7000 dans la rubrique «Trouver un dossier parlementaire» à droite de la page.