LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

PricewaterhouseCoopers a réagi hier à l’affaire Lux-Leaks

C’est quatre heures à peine après avoir envoyé les invitations que les dirigeants de PwC ont reçu les membres de la presse, hier. Didier Mouget et Wim Piot ont d’emblée planté le décor: leur société d’audit et de consultance travaille «toujours dans le respect absolu des législations fiscales nationales et internationales», appuie le Managing partner. Par contre, les sources ayant servis à l’enquête du consortium de journalistes pour Lux-Leaks posent question. En 2010, le cabinet a constaté une fuite de documents concernant des opérations menées avec certains clients entre 2002 et 2010. Une plainte contre X a d’ailleurs été déposée et l’instruction suit toujours son cours. Deux ans plus tard, certains éléments se retrouvent dans des émissions de la BBC et de France 2.

Aujourd’hui, «ce sont les mêmes documents que ceux utilisés à l’époque et d’autres du même lot», que l’on retrouve dans Lux-Leaks. Mais entre temps de nouveaux cadres règlementaires se sont implémentés voire concrétisés, poussant les responsables du membre des «Big Four» à dire que «les analyses faites sont basées sur des informations aujourd’hui dépassées». Et à Wim Piot de citer le cadre renforcé prévu dans BEPS, par exemple. Autre argument mis en avant hier, l’implémentation des règles comptables au Luxembourg. Celles-ci font que les informations relatives aux impôts versés, par exemple, se retrouvent dans le domaine public, puisque les comptes annuels sont déposés aux greffes du Tribunal de commerce.

La recherche d’optimisation, une tendance globale

Mais revenons à l’affaire proprement dite. Les dirigeants de PwC l’inscrivent dans un contexte global de recherche d’optimisation fiscale de la part des entreprises. «Le Luxembourg a un réseau de traités fiscaux de non-double imposition qui est très bien construit», remarque Didier Mouget. Et d’ajouter que d’autres pays jouent aussi la carte de l’optimisation fiscale et qu’au final, «il n’y a aucun standard de charge fiscale», souligne le Tax Leader Wim Piot.

Quant au fait que l’activité des sociétés listées dans LuxLeaks soit minime au Luxembourg, cet état de fait serait lié à la nature même de ces structures: les sociétés financières et autres holdings. Certes, il peut arriver que les maison-mères des multinationales contestent les opérations et sollicitent l’administration fiscale locale pour un éventuel redressement. Quoi qu’il en soit, le cabinet affirme avoir attendu ce Lux-Leaks au tournant et ne pas pâtir de la situation. «Absolument aucun client n’a déposé plainte contre un bureau de PwC», assure Didier Mouget. Pour une raison inexpliquée, les caméramans et photographes étaient exclus de la conférence. Face aux journalistes, le Managing partner entend se montrer serein dans cette tempête qu’il a bien envie de placer dans un verre d’eau mais qui, dans les faits, souffle bien plus fort.