LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Pictet Asset Management mise sur l’innovation médicale pour une cure de gains

Vivre sainement, investir sainement: voilà l’approche développée vendredi midi par Pictet Asset Management devant un parterre de gestionnaires à Luxembourg. Le groupe suisse a présenté un fonds dédié à la santé et l’autre aux biotechs, qui affichent respectivement 18% et près de 31% de rendement depuis le début de l’année. «Le domaine de la santé offre l’une des meilleures performances depuis ces 20 dernières années», a souligné Marie-Laure Schaufelberger, «Senior Client Portfolio Manager» chez Pictet.

Selon elle, la croissance démographique, le développement économique et l’innovation sont les moteurs d’un secteur en pleine mutation. «On passe d’un monde où on soigne moins vers davantage de prévention», a-t-elle expliqué. De 60% en 2012, la part des traitements dans les dépenses de santé devrait passer à 35% d’ici 2025, selon une étude de Frost & Sullivan. Quant à celle de la prévention, elle est attendue à 22% contre 9% en 2012, selon cette même source.

Axé sur l’Amérique du Nord

Voilà qui nourrit l’intérêt du gestionnaire d’actifs: dans son fonds «Pictet Health», on retrouve 53 sociétés qui se distinguent par un accent porté sur l’innovation, l’efficience, la qualité de vie et la limitation des coûts. Ainsi figure le fabricant de matériel médical Boston Scientific, la société spécialisée dans l’oncologie et les maladies inflammatoires immunitaires Celgene.

Majoritairement exposé sur des compagnies nord-américaines, le fonds concentre aussi 25% de son portfolio sur les biotechnologies.

Pictet consacre d’ailleurs un autre fonds à ces sociétés, dans lesquelles Marie-Laure Schaufelberger voit pas mal d’opportunités. «Avant, la plupart de ces compagnies n’étaient pas rentables», a-t-elle admis. Mais depuis 2008, la mécanique s’est inversée dans ce segment où les sociétés évoluent au gré des évènements en tous genres.

Qu’il s’agisse d’un feu vert règlementaire ou de l’annonce de résultats d’études encourageants, les actions peuvent rapidement rebondir, note la responsable. Celle-ci porte une attention particulière aux sociétés actives dans la recherche contre le cancer et celles qui utilisent la thérapie génétique.

Des chiffres valent mieux qu’un long discours, une maladie non traitée peut coûter de 600.000 à 1 million de dollars au patient et à la société, selon une étude menée par Habka, Dany et al. Avec un traitement de l’ancienne génération, comptez entre 20.000 et 50.000 dollars tandis qu’avec un traitement moderne, il sera en moyenne de 40.000 dollars. Bref, les gains semblent dépasser largement le portefeuille des investisseurs selon Pictet Asset Management.

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