LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Les hôpitaux Robert Schuman vont intégrer des outils de la healthtech

L’accord a été signé très officiellement jeudi lors de la conférence «Bringing innovation to the healthtech market», une journée dédiée à tous les acteurs du secteur de la «healthtech». L’entreprise Hanalytics, originaire de Singapour, a posé ses valises au Luxembourg en juillet dernier pour y établir son quartier européen. Grâce à l’accord signé avec les hôpitaux Robert Schuman, la healthtech va pouvoir accéder aux données des patients luxembourgeois, et ces derniers vont bénéficier de cette technologie de pointe.

La signature du memorandum of understanding a été le coup d’envoi de la conférence jeudi. Un accord «win win» selon Sasha Baillie, CEO de Luxinnovation qui se réjouit de l’approche high tech que les hôpitaux luxembourgeois prennent avec cet accord. «Hanalytics était à la recherche d’un hôpital partenaire, nous avons facilité les choses pour que les contacts se fassent et que l’accord se mette en place. Notre but est d’améliorer l’efficacité des diagnostics, pour le bien des patients», explique- t-elle.

Hanalytics a mis en place un outil, Biomind, qui permet d’analyser des milliers d’images de cerveaux et de sortir un rapport pour les médecins. Avec l’approche du «deep learning», l’ordinateur se «nourrit» d’images pour affiner son diagnostic, si bien qu’à force d’apprendre, il devient plus efficace que les plus éminents radiologues.

Un robot 360 fois plus rapide que les médecins

Hanalytics a fait un test sur 225 cas de tumeurs au cerveau. 64,5% des 25 radiologues les plus compétents du panel ont obtenu un diagnostic exact alors que l’intelligence artificielle a obtenu un score de 85% d’exactitude. «Non seulement le robot est plus juste, mais il est 360 fois plus rapide que l’être humain pour poser un diagnostic», explique Raymond Moh, CEO d’Hanalytics. «Le médecin intervient alors pour donner une seconde opinion, plus objective, ce qui correspond à un gain de temps de 30% pour le personnel hospitalier. Un temps qui peut être dédié à autre chose».

Les hôpitaux luxembourgeois sont les deuxièmes en Europe à tester Biomind, tout ceci encadré par des régulations strictes, a rassuré le ministre de l’Economie et de la Santé, Etienne Schneider. La cérémonie de jeudi a permis au ministre de faire le point sur les avancées technologiques du Luxembourg et de son positionnement en la matière. Pour le socialiste, les innovations digitales se sont accélérées ces cinq dernières années.

Ainsi le super ordinateur HPC va permettre d’ici peu de soutenir cette branche de l’économie et de porter l’économie durable chère au gouvernement.

La venue d’Hanalytics au Luxembourg pour y établir son quartier général européen est également un signe de bonne santé du secteur du pays. «Délivrer le bon médicament au bon patient et au bon moment est clé. Ce sont de nouvelles solutions pour répondre aux besoins des patients», a expliqué le ministre pour qui cet accord s’inscrit pleinement dans la campagne «start-up nation» du pays. Le Luxembourg se positionne alors à l’avant-garde de l’intelligence artificielle et de la healthtech en général. L’implantation d’Hanalytics au Grand-Duché y est pour beaucoup, et Sasha Baillie a évoqué avoir travaillé dur pour réussir à attirer la start-up et qu’elle s’y implante.