LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La jeune pousse ExoAtlet Global, basée à Belval, a obtenu son label CE pour son exosquelette

Retrouver ses capacités de mouvement et de marche plus rapidement que par les méthodes classiques de rééducation, c’est ce que promet ExoAtlet Global, une jeune pousse basée au Technoport de Belval qui a travaillé sur ce projet pendant cinq ans. Elle a développé un exosquelette pour le bas du corps: impressionnant et futuriste, l’exosquelette permet de réapprendre les fonctions cognitives de la marche, sans effort. La robotique s’occupe de récréer les mouvements, et le corps suit. Une technologie qui permettrait de gagner beaucoup de temps sur des rééducations longues, fastidieuses et contraignantes pour les patients.

La fondatrice, Ekaterina Bereziy, a développé un exosquelette qui accélère le rétablissement de certaines paralysies: «Dans ces cas-là, si la personne ne bouge pas, les toxines restent en place, il faut donc bouger pour les éliminer. De plus, si le bas du corps ne bouge pas pendant une longue période, le cerveau commence à ne plus le considérer», explique la spécialiste en mécanique.

La start-up a mis en place plusieurs essais cliniques, dans des hôpitaux asiatiques et européens, si l’exo squelette est couplé à une stimulation du nerf spinal, des personnes paralysées peuvent remarcher dans les trois mois selon les résultats des études cliniques. Les algorithmes contrôlent le moteur qui rend la façon de marcher plus naturelle avec l’exosquelette, «c’est ce que les médecins qui ont travaillé avec nous indique», précise la fondatrice.

Avec 120 unités vendues, près de 6.000 patients, la jeune pousse luxembourgeoise doit attaquer un marché de niche, où se battent six à sept entreprises sur ce secteur. La force d’ExoAtlet Global? Son prix. La jeune pousse a choisi de proposer son exosquelette à un prix plancher de 90.000 euros, «quand les concurrents proposent plutôt la même chose pour 150.000 euros. Nous voulons garder le prix “bas” pour que l’exosquelette soit encore abordable», explique Ekaterina Bereziy.

Prête pour le marché européen

Avec la norme CE dans la poche pour l’exosquelette taille adulte (à partir d’1m60) qui est fabriqué en Corée du Sud, la start-up est prête pour le marché européen. L’idée est de faire des partenariats avec des hôpitaux en Europe, avec l’espoir de travailler en collaboration avec les établissements luxembourgeois, pour proposer l’exosquelette aux patients. La norme pour la taille enfant devrait suivre, ce qui pourrait aider pour des maladies neurologiques chez les enfants où il faut leur apprendre à marcher, une véritable rééducation du cerveau dans ces cas-là qui doit faire l’apprentissage des corrections aux muscles.  

En parallèle, ExoAtlet Global souhaite développer des «Exo Gym», un peu sur le modèle des salles de gym à bas coût, pour proposer une rééducation pour facile d’accès qu’à l’hôpital. Ces Exo Gym ont déjà vu le jour en Chine. «Après des entraînements préliminaires et un programme établi par un médecin, le patient peut se rendre à la gym et se rééduquer aussi souvent qu’il le souhaite, dans un établissement plus près de chez lui». Les médecins sont toujours ceux qui s’occupent de mesurer les paramètres de chaque patient pour que l’exosquelette et ses 20 paramètres ajustables, soient adaptés à chacun.

Vente ou leasing des exosquelettes, la jeune pousse n’est pas encore vraiment fixée sur son business model, mais espère attirer l’attention du ministère de la santé pour établir un projet pilote. La start-up a établi son siège social au Luxembourg en 2018, sous la recommandation des investisseurs, principalement sud-coréens. Un choix qui ravit Ekaterina Bereziy: «Luxembourg est fantastique pour établir un projet pilote, un petit marché est idéal pour essayer. En temps de crise, notre nouvelle façon de rééduquer n’est pas une question urgente, mais le Luxembourg pourrait se positionner comme un pionnier en Europe». La jeune pousse a elle-même pris trois mois de retard à cause de la crise COVID-19 mais espère construire un écosystème dans les deux ans.