LUXEMBOURG
COLETTE MART

Le Dr. François Diederich lauréat du prix Paul Metz de l‘Institut Grand-Ducal

Ce fut un moment émouvant consacrant une rencontre entre l’histoire de la sidérurgie luxembourgeoise, l’esprit innovateur qui y est lié, ainsi que la recherche au Luxembourg: la remise du prix Paul Metz, organisée à la Chambre de Commerce samedi après-midi par l‘Institut Grand-Ducal, dont la section des Sciences naturelles, physiques et mathématiques officie depuis 1850.

La longue histoire de la recherche scientifique au Luxembourg, initiée donc au milieu du 19ième siècle par une poignée d’hommes de sciences particulièrement engagés, a conduit au fil du temps à la création du Centre Universitaire, de l’Université de Luxembourg, de Centres de recherches publics, et de l’attribution de prix scientifiques à des chercheurs méritants dans les domaines des sciences géologiques, biologiques, chimiques, physiques et mathématiques

Les dynasties de la sidérurgie luxembourgeoise

La séance académique relative à l’attribution du prix en sciences chimiques Paul Metz plongea le public venu nombreux dans l’histoire de la sidérurgie luxembourgeoise. Y furent mises en avant les familles Metz et Wurth par exemple, ayant eu de grands mérites dans ce secteur industriel.

La vie de Paul Metz, ancien président de la section des sciences de l’Institut Grand-Ducal a été évoquée, et on se souvenait que Paul Metz a été orphelin de père depuis l‘âge de 10 ans, qu’il s’est engagé dans la résistance contre les nazis, qu’il a été incarcéré par la Gestapo, interné à Hinzert et à Dachau, pour ne citer que quelques étapes d’une trajectoire terriblement difficile.

Paul Metz ne parla pas de ses supplices vécus en captivité, mais s’engagea après la libération du Luxembourg dans la sidérurgie, devint directeur de l’ARBED et élabora des processus chimiques innovateurs qui firent avancer les sites luxembourgeois. Comme il fut un ingénieur et un chercheur qui faisait avancer la science et l’économie luxembourgeoise, le prix des sciences chimiques de l’Institut Grand-Ducal recevait son nom. Le prix Paul Metz fut attribué au professeur luxembourgeois François Diederich, chimiste de formation, auteur de nombreuses publications de pointe et co-créateur d’un grand laboratoire de chimie à Zürich en Suisse.

Le mérite du professeur Diederich aura été d’avoir une approche pluridisciplinaire en chimie, réunissant les domaines de biologie, de chimie thérapeutique et de chimie de matériaux avec un haut niveau scientifique dans l’approche synthétique. Le professeur Diederich a déjà obtenu 30 prix et distinctions.

Comme le précisait le professeur Pierre Seck, président de la Section des Sciences de l’Institut Grand-Ducal à cette occasion, le but des grands prix est d’intéresser les citoyens aux sciences, à leur démontrer l’importance de celles-ci pour la survie économique du pays, et d’attirer l’attention sur le travail des chercheurs luxembourgeois et non-luxembourgeois du Grand-Duché.

En guise de clôture, le secrétaire d’Etat Marc Hansen ne manqua pas de souligner les efforts du gouvernement luxembourgeois dans le domaine de la promotion de la recherche, considérée comme un investissement dans l’avenir de l’économie luxembourgeoise, et comme un secteur même de l’économie, comptant en effet des milliers de collaborateurs.