LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le roi et la reine des Belges arrivent aujourd’hui au Luxembourg en train pour trois jours de visite d’Etat - Le détail avec l’ambassadeur Jean-Louis Six

C’est en train que le roi et la reine des Belges arrivent aujourd’hui à Luxembourg, accompagnés d’une délégation de 100 participants. «C’est quelque chose d’assez exceptionnel, on les a surpris», reconnaît le sourire aux lèvres Jean-Louis Six, ambassadeur du royaume au Grand-Duché pour qui cette visite d’Etat marque le point d’orgue de son mandat entamé il y a deux ans.

Si le programme officiel débute devant le palais grand-ducal, c’est bien sur le quai de la Gare centrale qu’un premier accueil des souverains belges est prévu par le Grand-Duc Henri. «Il n’y aura pas d’accord signé lors de la visite d’Etat sur ce thème mais la mobilité est un sujet tellement partagé par les citoyens des deux côtés de la frontière qu’il fera encore partie de l’agenda», tempère Jean-Louis Six. Pour lui, ce voyage ferroviaire est «l’occasion de donner des impulsions» sur ce dossier. Actuellement, il faut 3.20 pour rallier les deux capitales en train, sans compter les retards, contre 2.30 en voiture.

Le Luxembourg, une première étape diplomatique

«La visite d’Etat, c’est l’expression au plus haut niveau des relations entre la Belgique et le Luxembourg», souligne celui qui est également professeur à l’Université du Luxembourg. Et de préciser que ce type de visite survient une fois par règne et que la dernière remonte à 1994. La proximité belgo-luxembourgeoise est même inscrite dans le protocole puisqu’en 2013, lorsque le roi Philippe est monté sur le trône après l’abdication de son père le roi Albert II, sa première visite officielle a eu lieu au Luxembourg.

Au total, plus de 200 personnes composeront la délégation officielle avec notamment les cinq ministre-présidents des régions et communautés de l’Etat fédéral mais aussi 64 directeurs de sociétés, 19 représentants du monde académique et plus d’une trentaine de journalistes belges.

Pas de trace en revanche du Premier ministre belge Charles Michel, qui est appelé à devenir en décembre prochain président du Conseil européen. Son gouvernement est actuellement en affaires courantes dans un contexte où les négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement fédéral - après les élections du 26 mai dernier - n’ont pas encore formellement débuté.

«C’est un gouvernement d’affaires courantes qui est tout à fait compatible avec une visite d’Etat», soutient l’ambassadeur de Belgique au Luxembourg qui souligne la présence du ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, par ailleurs lui aussi sur le départ puisqu’il est appelé à intégrer dès le 1er novembre l’équipe d’Ursula Von der Leyen en tant que commissaire européen à la Justice. A noter que Didier Reynders est le seul ministre fédéral inscrit dans la délégation officielle, majoritairement composée des ministre-présidents des entités fédérées belges.

Atomes crochus et pierres d’achoppement

Pendant trois jours, les souverains belges et le Grand-Duc Henri parcourront le Luxembourg du nord au sud et d’ouest en est. Au total, 23 accords formels de coopération devraient être signés dans une variété de secteurs tels que l’audiovisuel ou encore le spatial.

Dans cette matière, «les deux pays premiers investisseurs par tête d’habitant au monde sont le Luxembourg et la Belgique, loin devant les Etats-Unis et les autres», note Frédéric Biava, conseiller économique et commercial pour la Région wallonne. «SES est un partenaire économique très important pour le secteur spatial wallon», pointe le responsable qui explique que Redu, où se situe notamment l’Euro Space Center, des installations de l’ESA et de Galileo, est aussi le backoffice de SES Betzdorf.

Le dernier jour de la visite d’Etat, un arrêt sur la Moselle luxembourgeoise est prévu pour discuter mobilité à bord du Marie-Astrid mais aussi viticulture à Remich. «Les Belges sont les premiers consommateurs de vins luxembourgeois», se félicite Jean-Louis Six.

S’il se plaît à souligner les nombreuses réalisations en commun entre les deux pays, l’ambassadeur admet que quelques dossiers restent non résolus. «La mobilité est peut-être le défi le plus compliqué», sans oublier le paiement des allocations de chômage et des allocations familiales, le traitement des eaux usées ou encore la peste porcine africaine qui - pour l’instant - épargne le Luxembourg. Nul doute que les échanges seront riches jusqu’à jeudi après-midi et le coup de sifflet de l’accompagnateur du train qui ramènera à la gare de Bruxelles-Luxembourg - ça ne s’invente pas - le souverain et sa délégation. w