LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

L’occasion pour le Luxembourg de souligner les avancées réalisées ces derniers mois dans le segment du RMB business

De 300 l’an dernier à presque 500 cette année: les participants au Renminbi Forum ont bien répondu à l’invitation de Luxembourg for Finance hier. Et en seize mois, il s’en est passé des choses, a souligné le ministre des Finances: implantation de trois nouvelles banques chinoises, agrément RQFII reçu pour 50 milliards de RMB sans oublier le lancement de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB) dans laquelle le Luxembourg a été le premier pays de la zone euro à s’engager. «Le Luxembourg milite pour que l’AIIB s’installe au Luxembourg pour son siège européen car c’est à mes yeux le meilleur moyen pour coopérer avec la BEI», a indiqué Pierre Gramegna lors d’une conférence de presse hier. Mais la décision n’a pas encore été prise et d’autres villes se sont portées candidates.

Des atouts affichés

Tout au long de la journée, le Grand-Duché a donc pu distribuer une carte de visite pour le moins séduisante aux nombreux participants venus de Chine. En matière de fonds d’investissements, le Luxembourg totalise 296,3 milliards de RMB sous gestion à la fin 2014, soit 18% de plus en un an. Au 31 mars 2014, seize des 27 fonds ETF en Europe offrant une exposition à des capitaux chinois sont domiciliés au Luxembourg. Qui plus est, la Bourse de Luxembourg est fort active sur le segment avec 14% de parts de marché pour la cotation d’émissions obligataires libellées en RMB ou Dim Sum. D’ailleurs, l’institution est la première en Europe à avoir coté pareil produit, en mai 2011 tandis que trois ans plus tard, Bank of China y a lancé la cotation de sa première émission offshore en RMB. Quant aux paiements en RMB entre centres offshores, le Luxembourg se classe deuxième derrière Singapour.

Clairement, le Grand-Duché a réussi à tirer profit de l’internationalisation du RMB et de trois banques chinoises en 2014, le pays est passé à six institutions aujourd’hui. «Je ne prendrai pas le pari de dire qu’il y en aura douze l’an prochain», a plaisanté Pierre Gramegna qui laisse cependant la porte entrouverte pour de possibles autres banques. «Nous sommes toujours ouverts pour les affaires», a précisé le ministre des Finances.

En tout cas, le RMB semble être un segment porteur pour la place financière puisque la devise chinoise est la seconde dans le monde pour ce qui est du financement des exportations. L’an dernier, les transactions libellées en RMB ont crû de 102% en valeurs contre une moyenne mondiale de 4,4%. Entre les centres offshore, les paiements en RMB ont carrément décollé de 837% entre 2013 et 2014. Autant d’éléments qui poussent le Luxembourg à accentuer ses relations avec l’Empire du milieu. Du 21 au 25 septembre, Luxembourg for Finance organise une mission financière en Chine avec au programme des séminaires à Pékin, Shanghai et Shenzhen.


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