LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

La direction de Cargolux a dénoncé la convention collective

La nouvelle est tombée hier à la grande surprise des syndicats: Cargolux a décidé de dénoncer la convention collective dont l’échéance arrivait à la fin de ce mois. D’après la direction, les négociations n’ont pas amené de progrès significatifs. «Je considère cette manière d’agir comme une déclaration de guerre», a réagi Hubert Hollerich. Le responsable OGBL le reconnaît: «les négociations sont très difficiles». Au cœur du débat, on retrouve les garanties d’emploi dans le contexte du développement de Cargolux à l’international. Entre la création d’une nouvelle compagnie aérienne avec le nouvel actionnaire chinois, le projet d’un centre de maintenance dans l’Empire du Milieu et les embauches du côté de Cargolux Italia, les craintes des syndicats sont réelles. Même son de cloche au LCGB où Aloyse Kapweiler est clair par rapport à la direction: «On a la crainte qu’ils veulent s’agrandir partout sauf ici». Le représentant syndical affirme avoir proposé un outil pour gérer cette croissance avec la collaboration des partenaires sociaux. Mais désormais, il faut repartir de zéro.

Problème de communication

La convention collective dénoncée sera d’application pendant onze mois encore. De son côté, la direction se montre confiante mais insiste sur les fondements du nouveau texte, qui devront inclure une baisse des coûts du personnel et une hausse de la productivité. D’après l’OGBL, il serait question d’une nouvelle grille des salaires destinée aux nouveaux salariés. Ceux-ci auraient moins de jours de congés et moins de suppléments pour les extras. «On créerait une compagnie à deux vitesses avec deux catégories de salariés qui font le même travail», pointe Hubert Hollerich. Lui et Aloyse Kapweiler déplorent aussi le fait de n’avoir reçu aucun courrier officiel annonçant la décision de la direction, qu’ils ont appris via la presse hier matin. «Tous les ingrédients sont réunis pour provoquer un conflit social», insiste le représentant de l’OGBL.

Après les vacances, les syndicats vont consulter leurs membres avant de décider quelle marche suivre. Une procédure devant l’Office National de Conciliation (ONC) se profile à l’horizon mais les deux syndicalistes restent pour l’instant discrets quant à la suite des évènements.