LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Seul un cycliste sur quatre porte le casque - Dada Cycles veut renverser la tendance avec un casque design

En cette période estivale, les vélos, trottinettes et autres gyropodes sont de sortie. Pourtant, seul un quart des cyclistes réguliers porte un casque, constate David Maroko. L’intéressé a créé l’été dernier Dada Cycles, une marque de casque de vélo adaptée à sa pratique urbaine.

«Aujourd’hui les seuls casques qui existent sont axés sur la pratique sportive du vélo, mon idée est de donner envie aux cyclistes citadins de porter le casque», explique l’entrepreneur.

Après un parcours professionnel dans la finance, il a rejoint l’incubateur de Nyuko où il développe son projet. La prochaine étape se profile pour l’automne avec l’ouverture du financement participatif («crowdfunding») pour lancer la commercialisation de ce casque pas comme les autres.

«Ça sera le premier casque écoresponsable sur le marché», avance-t-il. En fait, la coque interne du casque Dada est faite de PLA expansé issu de sucre de canne. Quant à la coque externe, elle est fabriquée en polycarbonate recyclé. La start-up affirme ainsi que la fabrication de ces deux coques génère une empreinte carbone 70% inférieure à celle d’un casque de vélo traditionnel.

Un produit européen

Autre élément distinctif, le design se veut être moins sportif et plus élégant. Inspiré des casques de course automobile des années 1950 selon son créateur, le produit «rétro-chic» se décline en dix teintes différentes.

Enfin, le casque Dada est conçu et assemblé au Luxembourg. Cette dernière étape devrait d’ailleurs être confiée à des personnes en situation de handicap actives dans des Ateliers Protégés. Quant aux composantes, elles proviennent de Belgique, des Pays-Bas, d’Italie et de France.

Le financement participatif est prévu pour l’automne mais avant cela, l’entrepreneur doit encore déterminer son prix de revient et son prix de vente. Ensuite la levée de fonds durera un mois sur Kickstarter. David Maroko se donne six mois ensuite pour fabriquer les premiers casques qui, avant d’être commercialisés, devront être homologués.

«Nous avons déjà établi un contact avec un laboratoire d’homologation situé à Bruxelles et il nous a assuré - sur base des éléments connus à cet instant - que le casque répondait déjà aux critères requis», assure l’entrepreneur.

Il se dit ouvert à une distribution par une grande enseigne d’équipements pour les cyclistes si son produit éveille leur intérêt. «Notre idée est de distribuer notre casque via deux canaux: notre boutique en ligne et des magasins spécialisés dans le vélo ou des boutiques orientées sur la mode. Car notre casque est un produit retravaillé et design qui a une composante “lifestyle” assez forte.»

Le diplômé en management a aussi mené son étude de marché et constaté le potentiel du casque de vélo. De 670 millions d’euros en 2017, il devrait dépasser le milliard d’euros d’ici à 2025 selon QYResearch. Et de souligner qu’en cas d’accident, le port du casque diminue de 70% le risque de traumatisme crânien majeur et de 65% celui de traumatisme crânien mortel. Des arguments connus certes, mais qui restent occultés par les considérations esthétiques d’un objet dont Dada Cycles ambitionne de changer l’image. «Un produit beau et confortable qui donne envie d’être porté, loin de l’image d’Epinal du casque», résume la start-up luxembourgeoise.

http.//www.dadacycles.com