LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

«La Convivialité» remet en question les règles et principes orthographiques - interpellant

Ceci n’est pas une pièce de théâtre comme les autres. Les deux comédiens qui se présentent au public plantent d’emblée le décor: il n’y en a pas. Sur un fond noir, qui rappelle les tableaux de l’école, Arnaud Hoedt et Jérôme Piron invitent l’audience à une petite dictée.

Une fois les mines de carbone reposées, les deux comparses flinguent avec humour les absurdités orthographiques de la langue française. Des règles de l’accord du participe passé aux lettres muettes dans des tonnes de mots, le duo enchaîne les exemples non sans interpeller le public.

Entre rire et conscientisation, on en apprend davantage sur la norme orthographique française, son origine et les erreurs qui se sont enchaînées pendant des siècles et se sont transformées en normes.

(Dés)accord de participe passé

«L’orthographe est un outil au service de la langue», souligne Arnaud Hoedt, diplômé en linguistique et professeur de français. Depuis septembre 2017, l’enseignant a fait sa rentrée sur les planches des théâtres un petit peu partout en Belgique, en France, au Québec et en Suisse. Son message est ainsi transmis à un public captivé et même aux les autorités puisque le Conseil de la langue française de la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé de soutenir ses recommandations sur les accords du participe passé. En septembre dernier, l’information avait fait le tour de la francophonie: la Belgique propose de rendre invariable les participes passé conjugués avec l’auxiliaire avoir. A l’origine, le spectacle «La Convivialité».

Dans 99% des cas, l’accord ne s’entend pas à l’oral, plaide le duo. Celui-ci pose aussi des questions pertinentes, comme celles liées aux enjeux politiques et sociaux que renferme le respect des règles orthographiques et grammaticales.

Et puis vient la question des changements de normes: les quelques tentatives se sont généralement soldées par un échec. Quant à savoir qui a le dernier mot sur la langue française, c’est la cacophonie qui règne. «Et si faire évoluer l’orthographe c’était défendre la langue?», demande Arnaud Hoedt?

Pour lui, «l’écriture ne constitue ni la finalité ni la nature première du dire». Voilà qui éveille les consciences et les réactions. Celles-ci sont ensuite échangées avec le public après le spectacle. Un moment dont personne ne sort indifférent, et qui sera encore au programme ce soir au «Kinneksbond» de Mamer.


www.laconvivialité.com

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