LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Deloitte se penche sur les entreprises familiales au Luxembourg

Avec un tissu économique largement dominé par les PME, le Luxembourg est un terreau fertile pour les entreprises familiales. Près de 87% des sociétés dans le pays comptent d’ailleurs moins de dix salariés, selon les données du Statec. Mais qui dit société familiale ne dit pas forcément PME: certaines entreprises ont grandi au fil des générations pour devenir des gros employeurs, à l’image du groupe Hein ou encore Munhowen dont les effectifs montent à trois chiffres.

Quoi qu’il en soit, le cabinet Deloitte s’est penché sur les défis qui se posent à ces structures. Il apparaît que le maintien de l’actionnariat, la préservation du capital familial et l’héritage sont en tête de l’agenda. Néanmoins, l’étude montre un écart flagrant entre les intentions et les réalisations. Si 68% des dirigeants interrogés affirment souhaiter garder l’entreprise dans la famille, seuls 26% disposent d’un plan clairement établi pour la position de CEO. Ne parlons même pas des autres fonctions clé dans la société.

«Organiser la succession n’est pas une tâche aisée. La planification de succession est source d’émotions», reconnaît dans un communiqué de presse Georges Kioes, «Partner» chez Deloitte Private Luxembourg. «Il s’agit d’un processus qu’il convient d’anticiper et de préparer afin de concevoir une structure d’entreprise répondant à la fois aux objectifs de la famille et aux objectifs commerciaux», ajoute-t-il.

D’ailleurs, seuls 41% des dirigeants envisagent avec confiance leurs plans de succession, montre l’enquête qui place parmi les piliers des objectifs le maintien de l’actionnariat familial. Le cabinet pointe néanmoins qu’une solution existe: vendre des participations minoritaires à d’autres entreprises familiales ou à des family offices peut servir d’alternative pour attirer des capitaux tout en restant fidèle à la vision d’une entreprise familiale.

Evoluer au fil des générations

Autre difficulté soulevée: moins d’un tiers des répondants estiment que leurs familles possèdent une vision commune de l’évolution future de l’entreprise.

«Au Luxembourg, les entreprises familiales sont généralement résilientes et agiles. A l’échelle mondiale, elles occupent une position de force grâce à leur capacité à anticiper et planifier pour l’avenir», illustre Mickael Coq, directeur de Deloitte Private Luxembourg. Si l’agilité caracole en tête des facteurs de stabilité et de réussite future des entreprises familiales au Grand-Duché (61%), 26% seulement des répondants voient la diversification comme un moyen de soutenir l’activité dans les dix à 20 prochaines années. Néanmoins, elles se montrent mieux préparées à relever les défis futurs: 79% disent avoir confiance dans leur stratégie pour les dix à 20 prochaines années.

A court terme, les priorités des entreprises familiales sont la performance financière (74%), le développement de nouveaux produits et services (47%) et la transformation digitale (37%). «La focalisation sur la transformation digitale aidera ces entreprises à élaborer des stratégies pour faire face activement aux perturbations qui se profilent souvent à l’horizon», estime Luc Brucher, «Partner» chez Deloitte Private Luxembourg.

A noter enfin que la loyauté du personnel joue un rôle significatif dans la santé et la réalisation des objectifs à long
terme des sociétés familiales, selon 37% des répondants.

www.deloitte.lu