LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Les pluies de ces derniers jours n’ont pas renversé la tendance d’une sécheresse tenace

Si les résidents ont pu se délecter d’un très beau temps durant le confinement, les agriculteurs eux en sont réduits à faire la danse de la pluie pour que les cultures puissent repartir. Le ministère de l’agriculture a noté que du 21 mars au 27 avril, il n’y a pratiquement pas eu de pluie au Luxembourg.

A cause de cette situation extrême, l’agriculture se voit confrontée à une sécheresse printanière alors qu’en février, Agrimétéo, le service météorologique de l’Administration des Services Techniques de l’Agriculture (ASTA) avait encore enregistré de nouveaux records de précipitations mensuelles dans six de ses 32 stations météorologiques.

«Nous avons eu beaucoup d’eau pendant l’hiver, trop. Les sols sont compactés et aujourd’hui avec la sécheresse les sols deviennent durs comme du béton», explique Aloyse Marx, président du «Fräie Lëtzebuerger Bauereverband».

Dramatique pour la profession

Le 15 avril, les services météo du ministère ont enregistré des valeurs d’humidité de l’air inférieures à 15% le long de la Moselle, ce qui est très rare pour nos régions. Cet air sec, associé au manque de pluie et à la vitesse parfois élevée des vents, a asséché très fortement les couches supérieures du sol. D’autant plus que la nature est en phase de croissance et prélève donc actuellement de façon accrue de l’eau dans le sol, indique Agrimétéo. Avec cette sécheresse, les cultures agricoles se présentent dans un état peu satisfaisant dans le pays. Après une pluie trop abondante en hiver, les cultures ont de nouveau arrêté leur développement, à cause du déficit pluviométrique, après seulement deux semaines de croissance normales. Pour Aloyse Marx, cet état de sécheresse est dramatique pour la profession: «La végétation pousse à la début mars, c’est à cette période qu’elle a le plus besoin d’eau. Les sécheresses, nous sommes habitués, mais plutôt en juin et juillet», estime-t-il. Ce qui l’inquiète le plus, c’est le fourrage pour les animaux: «Nous avons des prairies permanentes pour alimenter les animaux. Normalement, la première coupe de mai est la plus volumineuse, celle qui est de meilleure qualité, c’est la coupe principale de l’année. C’est encore plus dramatique que les céréales car le secteur vit des bovins au Luxembourg». L’agriculteur espère donc que la pluie revienne pour sauver cette saison. Audrey Somnard