LUXEMBOURGCATHERINE KURZAWA

Les changements règlementaires étaient au cœur de l’ACA Insurance Day, hier

Pour sa 15ème édition, la journée de l’assurance passe par une nouvelle dénomination dans la langue de Shakespeare, mais la substantifique moelle du rendez-vous demeure: réunir les acteurs de ce secteur-clé de la place financière pour faire le point sur l’actualité et les défis à relever. Cette année, la séance académique du soir était précédée de sessions plénières et d’ateliers. L’occasion de partager et de se préparer, à l’aube d’une ribambelle de changements règlementaires. Principale activité concernée, l’assurance-vie commence à pâtir de l’annonce du partage des informations. Même s’il ne concerne que les revenus d’intérêts, les clients s’inquiètent et les assureurs s’attendent à ce que cette règle les touche aussi. Ajoutez à cela les nouvelles règlementations Solvency II, PRIPs ou encore IMD II, et vous obtenez une montagne de défis à relever.

Mais le vice-président de l’ACA y voit plutôt des opportunités. Pour Marc Lauer, il ne faut pas avoir peur de la transparence fiscale, compte-tenu du fait que «beaucoup d’assureurs la pratiquent», en communiquant avec les administrations fiscales des clients. Qui plus est, «l’assurance bénéficie d’un traitement fiscal extrêmement intéressant, comparé à d’autres produits d’épargne.» Enfin, certains produits simplifient la vie des clients, comme en matière de planification successorale par exemple.

Nouveaux acteurs en vue

Autant d’atouts à mettre en avant «mais à condition que l’image de marque suive», insiste le responsable. Un avis partagé par le directeur exécutif de Lombard: «Nous avons tous un rôle à jouer pour montrer une place propre», insiste Claude Marx. Pour lui, l’avenir du secteur réside dans les produits à haute valeur ajoutée. De son côté, Carine Feipel mise sur la transposition intelligente des directives européennes, histoire d’«être compliant mais de laisser place aux avantages locaux.» C’est, selon la Partner de chez Arendt & Medernach, une manière d’établir un cadre propice à l’activité des assureurs au Luxembourg. Un cadre en cours de métamorphose, comme le montre l’arrivée des PSA - les professionnels du secteur de l’assurance - sur lesquels Jean-Michel Pacaud compte pour «créer de nouvelles entités.» Selon le responsable d’EY, la reconnaissance de la finance islamique joue en la faveur du Luxembourg, et l’intéressé parle même d’un «regain d’intérêt de ce type de compagnies.»

Et si les acteurs de terrain avaient la parole, le monde académique n’était pas en reste avec la présence de Georges Hübner, professeur de finance à l’ULg. Ce dernier a pointé les «nombreuses erreurs dans le secteur bancaire», desquelles le monde de l’assurance a à apprendre, tant la clé se trouve dans l’adéquation entre le profil du client et son portefeuille. Toutes ces pistes ont pu être développées au cours de l’après-midi, avant la traditionnelle séance académique.

Première pour Pierre Gramegna

Marc Hengen y a appelé à «positionner notre secteur de façon telle à ce qu’il anticipe les changements importants qui s’annoncent.» «Il sera difficile de continuer sur la trajectoire de la croissance de la dernière décennie», a averti Victor Rod. Le directeur du Commissariat aux assurances a également pointé une autre épée de Damoclès: la hausse de la TVA qui «va impacter l’assurance automobile par le biais d’une augmentation des coûts de réparation.» Cette séance était également l’occasion pour le nouveau ministre des Finances de faire sa première apparition officielle. Dans son intervention, Pierre Gramegna a présenté quelques éléments-clé du programme gouvernemental pour le secteur de l’assurance. La transition a été également marquée dans le discours de Victor Rod, qui n’a pas manqué de saluer le travail accompli par Luc Frieden. Plus que jamais, le changement était donc au cœur de ce rendez-vous des professionnels de l’assurance.
www.acainsuranceday.lu