STOCKHOLM
CATHERINE KURZAWA

La présence de viande chevaline dans des préparations au boeuf suscite des remous

La plus belle conquête de l’homme est en train de devenir l’objet d’un scandale alimentaire européen. Plusieurs produits présentés comme étant à base de viande de bœuf contiendraient en fait du cheval.

Tout a commencé à la mi-janvier au Royaume-Uni, lorsqu’une analyse a révélé la présence de viande chevaline dans des hamburgers vendus dans les enseignes Tesco et Burger King. Outre-manche, l’hippophagie n’est absolument pas inscrite dans les mœurs, et la révélation de cette affaire a fait l’effet d’une bombe. David Cameron a même porté le dossier devant les députés. Un nouveau pas a été franchi lorsque l’agence de sécurité alimentaire britannique a annoncé la présence de viande chevaline dans des lasagnes, dans des proportions variables atteignant parfois les 100%.

Des lasagnes luxembourgeoises

Ces lasagnes, c’est la firme suédoise Findus qui les distribue dans seize pays en Europe. Le géant agroalimentaire a exprimé son étonnement et annoncé qu’il déposerait plainte contre X ce lundi. Le groupe s’est également retourné contre son fournisseur, à savoir l’entreprise française Comigel, installée à Metz.

Celle-ci fait fabriquer les lasagnes incriminées par le groupe Tavola, à Capellen. Les produits sont distribués sous le nom Findus mais aussi sous des marques de distributeurs. Résultat, les enseignes Auchan, Casino, Carrefour, Système U, Cora, Monoprix et Picard ont annoncé hier dimanche le retrait de la vente des lasagnes incriminées mais aussi d’autres produits susceptibles de contenir de la viande chevaline en lieu et place de la bovine. Il s’agit de cannellonis, de spaghettis bolognaise, de moussaka et de hachis parmentier.

Renvoi de balle

Comigel s’est déclaré berné par son fournisseur et entend demander lui dommages. Baptisé Spanghero, il est basé dans le sud-ouest de la France, à Castelnaudary. La firme a affirmé par voie de communiqué ne pas avoir «d’activité à base de produit d’origine équidé.» En outre, elle a précisé avoir acheté à son fournisseur roumain des produits étiquetés comme étant du bœuf. La balle passe donc en Roumanie où, là, les responsables du secteur agroalimentaire ont réagi vivement, dénonçant la thèse du faux étiquetage et renvoyant la balle à son client français.

Réunion et enquête

Et dans l’Hexagone, des informations en provenance du cabinet du ministre de la Consommation Benoît Hamon font état d’un négoce de la viande roumaine, via Chypre et les Pays-Bas. Bref, le flou absolu demeure. Pour y voir plus clair, les représentants du gouvernement français et de la filière viande se réunissent à Paris ce lundi soir pour faire le point. En Belgique, le Service public fédéral (SPF) Économie vient d’ouvrir une enquête.

On ignore à ce jour l’ampleur de ce scandale alimentaire. Mais une chose est certaine: à l’heure où les consommateurs s’interrogent sur le contenu des produits qu’ils achètent, force est de constater que l’industrie agroalimentaire elle-même n’apporte ni réponse claire et encore moins véridique.