LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Digicash observe une modification des habitudes de paiement en cette période de confinement

Payer en scannant un QR code à l’aide de son smartphone est déjà monnaie courante en Chine – et d’autant plus dans la foulée du coronavirus. Au Luxembourg, Digicash constate une évolution de sa volumétrie depuis le déclenchement de l’état de crise, aux dires de son CEO Michael Pechner.

«On a doublé les transactions dans les pharmacies, on est présent dans une trentaine de pharmacies dans le pays», explique-t-il bien qu’aujourd’hui, quatre transactions sur dix seulement soient réalisées en «business to consumer» à l’aide de Digicash.

L’application est en effet populaire pour des paiements entre proches, par exemple lorsqu’on règle une addition commune au restaurant. Leur fermeture depuis le 16 mars n’a pour autant pas totalement freiné les volumétries de la fintech dans ce segment puisqu’elle est sollicitée entre quatre et cinq fois par jour par des établissements désireux de l’intégrer dans leur processus de commande en ligne. Résultat: l’e-commerce lié à la restauration signe une croissance de 15% chez l’opérateur.

«Convertir toutes les personnes qui utiliseront toujours leurs cartes, ça sera très compliqué. Là où on a une valeur ajoutée c’est sur le paiement d’une facture ou d’un achat en ligne», résume Michael Pechner.

Une baisse moins forte au Luxembourg

Ce dernier a observé une prise de conscience du marché au moment où la crise sanitaire a atteint son pic en Chine et depuis le début du confinement, le Luxembourg limite les dégâts en comparaison aux marchés belge et néerlandais où la marque Payconiq est active. Ils accusent une baisse des volumétries de respectivement 30% et 50%.

«Au Luxembourg on constate une baisse de 25%», dit-il. Un phénomène qui tient d’abord au fait que Digicash est nettement moins présent dans les petits commerces de détail au Grand-Duché que sur les autres marchés. Ensuite, deux «moteurs» en termes de demande ont cessé de fonctionner: l’achat des titres de transports publics, vu leur gratuité instaurée fin février et la recharge des cartes Restopolis des écoliers et étudiants dans le contexte de la fermeture des écoles.

Le flux de nouvelles demandes est traité par la quinzaine de salariés de la fintech qui opère désormais en télétravail. Il faut compter quelques heures pour une intégration du service sur un site web, une facilité prisée particulièrement des services de livraison à domicile qui peuvent dès lors minimiser les contacts et respecter les règles de distanciation sociales recommandées par les autorités.

Michael Pechner constate donc un petit effet de vases communicants dans ses opérations mais pas question pour lui de crier victoire. «Je suis d’avis qu’il ne faut pas utiliser une crise qui a des conséquences assez lourdes pour essayer d’en tirer un profit commercial», argumente-t-il. Au Luxembourg, le marché des paiements digitaux sans contact est truffé de concurrence entre les cartes de paiement, les offres de type Apple Pay mais aussi Digicash.

La crise du Covid-19 rebattra peut-être un petit peu les cartes, en particulier en ce qui concerne l’e-commerce qui a déjà fait preuve d’une solide résilience dans l’Empire du Milieu. Payconiq note pour sa part une croissance de 25% sur ce segment mais compte bien profiter de la portée Benelux de sa marque pour accroître sa visibilité en particulier sur les géants de la vente en ligne où sa solution n’est à ce jour pas intégrée.


www.digicash.lu