LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Schroder Investment Management a signé la semaine dernière un plan social

Le plan social dans l’entreprise de gestion de fonds Schroder Investment Management a été relayé jeudi dans la presse, jour de publication du bilan annuel où le groupe Schroders affiche un résultat net en hausse de 3%, à 2,1 milliards de livres. Révélé par nos confrères de «L’Essentiel», entreprise et syndicats n’avaient pas du tout l’intention de communiquer aux médias ce plan dont on ignore combien de salariés il touchera, sur les 300 environ que compte Schroder, dont les bureaux sont situés tout près de l’aéroport du Findel. Le gestionnaire de fonds a l’intention de développer une plateforme européenne de gouvernance, et de fait les profils des employés demandés vont changer.

La restructuration n’est pas une nouvelle, puisqu’elle a été communiquée aux salariés au courant du dernier trimestre 2018, mais le plan social a été officiellement signé avec l’ALEBA le 27 février dernier: «Le contenu du plan social a été communiqué aux employés qui sont potentiellement concernés, ceux avec un poste jugé à risque (55 selon nos sources, ndlr). Nous avons négocié sur un certain nombre d’emplois, que nous ne pouvons pas communiquer, mais cela reste un chiffre maximal et nous espérons que les licenciements seront moindre», explique Carla Valente, conseillère juridique à l’ALEBA.

Quelques mois d’attente dans l’angoisse

Les licenciements ne devraient être effectifs qu’à la fin de l’année 2019, voire au début de l’année prochaine, précise la syndicaliste. Soit quelques mois d’attente dans l’angoisse pour les salariés qui ne sont pas au courant de grand-chose: «On rase les murs, on est inquiets, on parle beaucoup entre nous. On a de moins en moins de travail à faire, c’est très étrange. Le groupe communique, il parle de projets mais dans les faits on ne sait rien», d’après une source interne souhaitant garder l’anonymat.

Celle-ci estime que la majorité des employés permanents ont moins de trois ans d’ancienneté, Schroder ayant recruté massivement l’été dernier, juste avant l’annonce de la restructuration: «Les rumeurs couraient déjà, les démissions se sont multipliées, et la direction a embauché pour palier un risque de sous-effectif. On a bien sûr promis monts et merveilles aux nouveaux arrivés, puis seulement quelques semaines plus tard l’annonce du plan a été faite».

Mais pour ces nouvelles recrues, le plan social est encore plus dur: «Tous ces employés ne vont pas peser bien lourd, quelques mois de salaire de préavis, ce n’est pas grand-chose». Une vingtaine de reclassements auraient été d’ores et déjà proposés en interne: «Si on postule pour un autre poste sans coller vraiment au profil et qu’on est pris, nous n’aurons peut-être pas droit aux avantages du plan social. Mais cela coûtera toujours moins cher que les consultants que Schroder paie grassement depuis quelques temps pour éviter d’embaucher». Outre ces reclassements, une vingtaine de relocalisations au hub régional au Royaume-Uni auraient également été proposées: «Des postes potentiellement moins bien payés, où il faudra passer des entretiens etc, sans garantie d’une aide à la relocalisation vers un hub régional un peu excentré».