LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Ancienne spécialiste RH, Christine Klein Bodet s’est reconvertie dans le coaching et la sophrologie

Rien n’arrive par hasard, c’est un peu le maître mot de Christine Klein Bodet. Cette ancienne cadre RH dans le secteur bancaire a profité d’une transition de carrière pour opérer un virage net et lance sa société en 2015: «Après 6 mois de réflexion, tous les feux étaient au vert, il était temps pour moi de me lancer», explique celle qui a accumulé pendant 15 ans une expérience dans les ressources humaines. Pourquoi avoir attendu autant de temps avant de se lancer? «Il me fallait cette maturité pour transmettre la matière que j’enseigne», explique t-elle. Et puis la réorganisation de sa banque se présente pour elle comme une nouvelle opportunité à saisir: «Je me sentais un peu à l’étroit, je tournais un peu en rond. L’idée c’était d’utiliser mon expérience mais en étant de l’autre côté de la barrière cette fois». 

Se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ne s’est pas fait tout seul, même si elle l’admet volontiers, il faut une personnalité qui s’y prête: «Je suis autonome, débrouillarde et surtout indépendante, cela me convient bien finalement». Curieuse et ouverte à de nouveaux horizons, elle avait déjà passé une certification en sophrologie du travail en 2007, en dehors de ses heures de bureau. Pour rappel, la sophrologie permet de mieux gérer son stress, d’améliorer la cohésion de groupe, sa motivation ainsi que la gestion des changements comme lors d’une fusion de deux entreprises. Vu comme une «martienne» alors qu’elle s’intéressait à ce sujet dès 2004, elle observe que depuis trois ans environ, la thématique du bien-être au travail est prise plus au sérieux par les entreprises. Aujourd’hui, ce sont parfois les entreprises elles-mêmes qui font appel à la spécialiste pour désamorcer des situations difficiles en travaillant sur des petits groupes.  
Elle propose des packages pour réaliser des bilans de compétence ainsi que des outils supplémentaires en cas de difficulté. A cela s’ajoutent des exercices physiques et mentaux ciblés pour des cas de burn-out à titre curatif. «Je propose un travail sur la respiration, puis des exercices uniquement physiques au départ».  

S’adapter à la nouvelle configuration

Il lui faudra deux ans d’activité pour qu’elle soit rentable, même si l’entrepreneuse reconnaît qu’elle n’a pas gardé son niveau de revenu qu’elle avait dans le secteur bancaire: «Je ne me suis pas lancée complètement dans l’inconnu puisque c’est un univers que je connaissais déjà, mais il est vrai que gérer une société, c’est accepter qu’il y ait toujours une part d’inconnu». Le début de l’année avait très bien commencé...Jusqu’au confinement instauré à partir de la mi-mars. Christine Klein Bodet a dû s’adapter à la nouvelle configuration: «Je suis passée rapidement via Skype ou Zoom pour les sessions individuelles. En entreprises, c’est toujours en stand-by, ce n’est pas leur priorité. J’espère que les interventions en entreprises vont reprendre en septembre, ce n’est pas quelque chose d’insurmontable. La Chambre de Commerce a par exemple déjà repris ses cours en présentiel». Mais il en faudrait plus pour diminuer la motivation de la spécialiste: «Cette crise a pour effet de changer l’angle de vision et d’approche des choses», estime-t-elle. L’entrepreneuse a plus d’une corde à son arc. Elle est gestionnaire de formation auprès de Lifelong Learning, qu’elle complète avec une collaboration freelance en tant qu’enseignante FLE (Français langue étrangère) pour des cours de français des affaires dans les entreprises, «pour des cas bien particulier», précise t-elle. «Au début, je trouvais ça amusant, mais j’ai finalement trouvé que l’enseignement était complémentaire de mes autres activités».  

Aujourd’hui installée dans l’espace de co-working Silversquare, elle y a trouvé son équilibre: «Après cinq ans d’activité, il était temps d’évoluer dans un milieu avec d’autres entrepreneurs. Il y a des échanges, des collaborations, c’est important de faire partie d’un réseau en présentiel». Si elle ne compte pas agrandir sa société, Christine Klein Bodet prévoit de s’associer prochainement avec deux freelance pour faire face à la demande de formations ou de coaching.

www.capsurlasophrologie.lu