LONGWY
CHRISTIAN SPIELMANN

Entretien avec Nicolas Bonilauri, Donato Rotunno et Malik Zidi

Nicolas Bonilauri et Christophe Ali se sont rencontrés dans le cinéma «Jean Vigo» à Gennevilliers dans la banlieue parisienne, un cinéma qu’ils continuent à exploiter. Après leurs études de cinéma, ils ont tourné ensemble les films d’épouvante «Le Rat» en 2001 et «Camping sauvage» en 2005. Dix ans plus tard, ils ont tourné leur troisième long métrage «La volante» en coproduction avec la Belgique et le Luxembourg. Comme ce film a déjà été présenté au cinéma Utopolis à Longwy en avant-première, le «Lëtzebuerger Journal» a eu l’occasion de parler avec le réalisateur Nicolas Bonilauri, l’acteur Malik Zidi et le producteur luxembourgeois Donato Rotunno de la société Tarantula Productions.

Un suspens au lieu d’un film d’auteur

Les deux réalisateurs se sont inspirés des films noirs des années 1950, sans effets spéciaux et sans action. Nicolas Bonilauri a précisé qu’ils ne voulaient pas faire un film d’auteur, mais plutôt un film populaire.

L’acteur Malik était lui aussi d’accord de qualifier le film comme un suspens classique, fluide et clair qui est dominé par un face-à-face entre une femme avide de revanche et un homme déprimé par son acte regrettable qui se termine par une sorte de duel.

Sur la question pourquoi ils ont mis dix ans pour leur troisième film, le réalisateur répondait: «Le scénario avait été écrit il y a longtemps, mais on l’a souvent transformé et on n’était pas toujours d’accord sur différents points de l’histoire. Comme ça, le temps est passé et, finalement, le producteur Tom Dercourt, qui avait déjà produit nos deux longs métrages précédents, pouvait être convaincu de financer une troisième fois notre film.» D’autre part, s’occuper de leur propre cinéma à Gennevilliers leur prenait la plupart de leur temps.

Tournage en deux parties

Le plus grand défi était de tourner dans l’ordre chronologique, en commençant par l’accident. Ceci est une chose très rare dans le milieu cinématographique. En plus, le tournage s’est fait en deux parties, une en hiver et une au printemps, et était donc interrompu sur une période de quelques semaines. Convaincre Nathalie Baye n’était pas difficile. «On lui avait envoyé le scénario et elle a vite accepté, du fait qu’on voulait faire un thriller rétro des années 1950», se rappelait le réalisateur. Interrogé pourquoi ils n’ont pas montré un procès qui se serait terminé par une peine infligée à Thomas, le réalisateur expliquait qu’au début ils avaient tourné de telles scènes explicatives. Mais finalement, ils ont coupé ces explications laissant place au mystère. Marie-France pourrait ainsi être la personnification de la culpabilité de Thomas. Pour le producteur Rotunno, il était important de garder une certaine neutralité dans les décors pour rester crédible, car le film était tourné en Belgique, en France et au Grand-Duché, notamment à la commune de Mondorf-les-Bains et à Esch-sur-Sûre. Et, il est vrai que l’histoire garde cette impartialité, car à part le lac de la Haute-Sûre, on ne reconnait pas les lieux de tournage. Ainsi, l’histoire pourrait se passer n’importe où.