BETZDORF
CATHERINE KURZAWA

SES revoit ses objectifs à la baisse mais garde le sourire au terme du premier semestre

Si au 30 juin la plupart des voyants sont au vert dans le bilan de SES, l’opérateur satellite a néanmoins vu son bénéfice net baisser de 5,4% en variation annuelle, à 275,4 millions d’euros. La faute à un dollar fort et à la réduction des capacités disponibles suite à la vente l’an dernier de répéteurs à Eutelsat. La société luxembourgeoise a donc réduit ses prévisions pour l’exercice 2015, et table à présent sur un chiffre d’affaires en recul de 3% et un résultat opérationnel (EBITDA) de -3,5% par rapport à 2014.

Hier à la conférence de presse, les dirigeants sont restés confiants, soulignant la hausse de 6,4% des revenus (à 999,1 millions d’euros), celle de 6,7% pour l’EBITDA à 740 millions d’euros sans oublier la marge d’EBITDA qui passe de 73,9% à 74,1%. «Tout cela nous rassure sur la qualité de nos revenus et de nos opérations», a commenté le président du groupe, Karim Michel Sabbagh. Et avec un carnet de commandes 200 millions d’euros plus rempli qu’il y a un an (à 7,4 milliards d’euros), SES a devant lui un horizon dégagé. Sept lancements sont prévus d’ici à la fin 2017, avec au total 180 nouveaux répéteurs.

Epaisse couverture

«La vidéo en moyenne représente 70% de notre chiffre d’affaires», confie le CEO de SES. L’opérateur diffuse 6.963 chaînes de télévision dans le monde, soit une hausse de 7,4%. Et avec une couverture technique qui s’est renforcée de 7% à 312 millions, la firme couvre un foyer TV sur quatre dans le monde. A côté de l’Europe qui demeure son marché le plus important (avec un chiffre d’affaires stable à 512,4 millions d’euros), SES tire 30% de ses revenus dans les marchés émergents avec un bond de 13,9% à 292,7 millions d’euros. En Amérique du nord, le chiffre d’affaires bondit de 16% à 194 millions d’euros, grâce notamment à deux nouveaux contrats signés avec le gouvernement américain et ceux conclus pour des opérations mobiles dans l’aéronautique. «Le segment dans lequel on réalise la plus forte croissance aujourd’hui est la mobilité, il y a un besoin absolu», reconnaît le CEO. La demande en connexions Internet croit dans le secteur maritime et aérien, en particulier aux Etats-Unis et en Amérique latine mais le phénomène commence aussi à s’installer en Europe. Et pour répondre à la demande, la firme de Betzdorf a un argument: le spectre des fréquences disponibles sur SES-15, SES-14 et SES-12 peut être utilisé avec une capacité quatre fois plus élevée que sur les satellites traditionnels. «Dans le cas d’un avion qui traverse l’Atlantique, cela signifie que la connectivité est ininterrompue tout au long du trajet», détaille le Chief Commercial Officer, Ferdinand Kayser.

O3b en pleine forme

Et si sur le segment des données fixes quelques accords de capacité ont été conclus avec quelques entreprises dont Airbus Defence, c’est vers O3b que les regards se tournent. SES détient 45% de la compagnie, qui compte aujourd’hui une douzaine de satellites en orbite. En un an d’activité, O3b totalise une quarantaine de clients dont 25 déjà actifs. Des demandes de capacité additionnelle ont déjà été formulées, tandis que l’ensemble des contrats conclus a atteint 530 millions de dollars au 30 juin dernier. «C’est un beau succès pour un opérateur dans le marché depuis très peu de temps», se réjouit Ferdinand Kayser. SES continue à lorgner cette filiale et ne cache d’ailleurs pas son souhait d’accroître sa participation dans son capital. Les ambitions de la compagnie ne se limitent pas là. Au niveau de l’activité vidéo, elle entend augmenter sa capacité sur les marchés émergents de 21% d’ici à 2017. «SES est le premier opérateur à avoir implémenté la Ultra HD», souligne Karim Michel Sabbagh. De nouveaux accords ont d’ailleurs été scellés, dont un avec les chaînes allemandes pearl.tv et Sky Deutschland tandis que les noms de trois autres clients devraient être révélés en septembre.

Enfin, le programme LuxGovSat est en passe de se concrétiser avec un contrat de commande déjà signé et un lancement prévu à la fin 2017 voire au début 2018.


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