LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le Statec enregistre un rebond de l’économie dès le mois de mai

Bonne surprise. Le Statec a enregistré, comme le reste de la Zone Euro, une chute du PIB luxembourgeois au deuxième trimestre, sous l’effet des mesures du confinement. Mais cela n’empêche pas des signes de reprise qui émergent dans la plupart des branches d’activité, et les dernières enquêtes de conjoncture disponibles en juillet-août confirme «cette orientation plus favorable», indique le Statec mardi dans sa Conjoncture Flash. Si l’évolution du PIB pour le Luxembourg n’est pas encore connu, il faudra attendre pour cela le 18 septembre prochain, le Statec s’attend d’ores et déjà à une très forte baisse, à l’image des estimations déjà disponibles pour la zone euro, -12% sur un trimestre. Evidemment, cette forte baisse s’explique par les mesures prises pendant le confinement et le quasi arrêt de plusieurs secteurs de l’économie dès la mi-mars, comme les commerces, l’Horeca, le transport aérien ou encore l’événementiel (ce dernier n’a toujours pas repris à l’heure actuelle). Si la levée des restrictions a permis une petite bouffée d’oxygène, la distanciation sociale, les contraintes dans les lieux publics ne permettent pas un retour à la normale, pour le volet économique en tout cas.

Le Statec est néanmoins porteur de bonnes nouvelles, car les signes de la reprise sont bien là. La production industrielle a atteint un point bas en avril, mais elle remonte depuis la pente: +5,7% au mois de mai, +12% en ce qui concerne la zone euro. Le Statec observe des tendances similaires dans d’autres secteurs, que ce soit sur la production de la construction, les ventes au détail, les immatriculations de voiture, le chiffre d’affaires de l’Horeca et certains services aux entreprises. Mais il ne faut pas crier victoire trop tôt car le Statec rappelle que ce rebond part de chiffres très bas pendant le confinement. En comparaison annuelle, les chiffres sont par contre toujours dans le rouge: le volume des ventes au détail accuse une baisse de 12% en mai 2020 si l’on compare à mai 2019.

L’absence des frontaliers

Evidemment toutes les enseignes n’ont pas subi les mêmes pertes. Au Luxembourg, la grande distribution a bien résisté à la crise: elles ont pu bénéficier d’un système de stockage sur certains produits très demandés en début de confinement, de la hausse de notre tendance à cuisiner maison pendant cette période ainsi que du report des achats qui ne pouvaient plus être fait dans les commerces non essentiels qui étaient eux fermés. Les autres commerces de détail ont souffert, les ventes de bien d’équipement et de biens culturels ont chuté de 20% par rapport à l’année précédente.

L’absence des travailleurs frontaliers a lourdement pesé sur la vente de carburant et de cigarettes.
Avec des déplacements très limités pendant de longues semaines, les ventes de voiture ont aussi fortement décliné, soit un repli de plus de 25% sur les immatriculations de voitures neuves sur les 7 premiers mois de l’année. La faute à la fermeture des concesssionnaires pendant plusieurs semaines.

Mais depuis, les immatriculations se sont redressées, -10 en juin puis +15% en juillet.  Sur le front du chômage, le Statec a noté une embellie à partir du mois de juillet également. Les premières données provisoires disponibles témoignent d’une croissance de l’emploi de l’ordre de +2% sur un an, après seulement 1,4% en moyenne de mars à juin. Comparé à la zone euro, -2,9% sur un an au deuxième trimestre, l’évolution de l’emploi reste donc dynamique au Luxembourg, indique le Statec. Cette reprise en juillet vient surtout des services aux entreprises et de l’Horeca, et s’observe tant pour les résidents que pour les frontaliers. Si l’on compare avec les effectifs de février 2020, les secteurs du commerce, des TIC, de l’Horeca et de l’industrie manufacturière ne sont pas revenus à ce niveau. Le chômage a baissé en juillet pour arriver à 6,6% après avoir passé un pic de 7% en avril dernier. En conclusion, l’inflation se redresse un peu également, mais elle ne devrait atteindre que 1,2% d’ici à 2021 alors que nous étions à 1,8% en 2019.