LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Pour 2019, DWS s’inquiète d’une décennie passée sans crise

C’est au tour de DWS de donner ses prévisions pour 2019: «Dix ans après, temps de s’inquiéter?», le temps est donné sur cette année placée sous le signe de l’incertitude. Après une décennie sans crise, la société de gestion d’actifs reste très prudente, si la récession n’est pas vraiment envisagée, DWS prédit cependant le ralentissement de l’économie, avec moins de liquidités dans le système économique.

Dix ans après la crise économique de 2008, qui a durement touché l’Europe, DWS note que l’économie s’est plutôt bien portée depuis avec une reprise jugée solide. Depuis le mois de juin dernier, la société a prévu que l’économie se développe, que les banques monétaires réduisent leur stimulus face à la pression de l’inflation.

Il s’agit du volet des bonnes nouvelles. Cette apparente bonne santé financière pourrait cacher des lendemains qui chantent, si l’on en croit les derniers cycles économiques.

Stefan Kreuzkamp, «Chief Investment Officer» chez DWS, a tenté de relever un schéma qui se répéterait dans l’histoire: après chaque crise, une période de convalescence se poursuit, puis on enregistre un pic de l’activité économique avant l’inévitable période de récession et des actifs risqués qui vont perdre de la valeur. «Nous avons vu cette période de convalescence, sommes-nous encore au pic ou au contraire sommes-nous déjà en fin de cycle?», se demande le CIO.

Pour ce dernier, la récession n’est pas encore envisageable, mais selon toute vraisemblance, nous nous en approchons. «Il y a toujours un élément déclencheur pour une crise, on peut se demander cette fois si cela sera la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis ou le Brexit qui conforte les incertitudes». Avec des risques politiques élevés, les chances d’atteindre les larchés finances sont plus grandes, comme c’est déjà le cas en ce début d’année.

Pour DWS, les perspectives de 2019 restent cependant solides : «Nous avons atteint un pic en 2018, mais la croissance demeure solide, la pression sur l’inflation reste lente et les banques centrales poursuivent la réduction du degré de détente monétaire», résume Stefan Kreuzkamp.

La Banque Centrale Européenne suit la FED, mais avec quatre ans de délai: «La croissance globale est en train de ralentir», prévient Stefan Kreuzkamp, d’autant que le cabinet surveille de près l’Italie, le Portugal et l’Espagne qui sont volatiles dûs à leur situation politique. En clair, pour 2019 la prudence sera de mise