CAPELLEN
CATHERINE KURZAWA

Le bureau d’ingénieurs Greisch étudie et conçoit des bâtiments partout en Europe

Quel est le point commun entre le Viaduc de Millau, la Fondation Louis-Vuitton à Paris et le projet Infinity du Kirchberg? Le bureau d’ingénieurs Greisch. Il célèbre cet automne ses 60 ans d’existence et si ce bureau est basé à Liège, il a dans son portefeuille des projets à la localisation et aux finalités variées. «Aller jusqu’à l’analyse de l’exploitation pour être performant dans sa conception, c’est vraiment une boucle», résume Luc Demortier, administrateur et directeur des bâtiments pour ce cabinet établi à Capellen.

Car le Luxembourg et ses nombreux chantiers constituent un vivier d’opportunités pour Greisch, qui a notamment œuvré sur le projet Infinity dédié à l’habitation, aux bureaux et aux commerces à l’entrée du Kirchberg. Sa mission? Ré-étudier le projet pour l’optimiser. Le cabinet a proposé d’introduire des éléments de préfabrication en béton dans le complexe, afin de diminuer les coûts pour le promoteur, de l’ordre de 20% selon Luc Demortier. «La préfabrication dans le milieu du bâtiment de grande ampleur a un côté haute valeur ajoutée et haute technologie, on travaille avec des bétons qui sont à beaucoup plus haute performance que ceux que l’on peut utiliser sur chantier parce qu’ils sont coulés en usine. Il y a donc une maîtrise complète du processus de production qui est beaucoup plus surveillée en usine et qui permet d’aller beaucoup plus loin dans les choses», détaille le directeur.

Autre chantier, celui de la Maison de l’Innovation à Belval où le cabinet a réalisé une mission complète d’étude de la maîtrise d’œuvre. «C’est le genre de projet où il y a vraiment une interaction architecte-ingénieur où l’ingénieur ne fait pas simplement que dimensionner une vision de l’architecte mais il y a une dualité de ces métier qui fait qu’on cherche des solutions qui s’intègrent vraiment dans l’architecture», pointe Luc Demortier.

La recherche & développement au service de l’ingénierie

Greisch est aussi intervenu pour le bâtiment de coworking IKON situé aussi à Belval et dont la construction débutera bientôt. Toujours dans les projets futurs, citons le développement du quartier Cents où le bureau planche sur le futur quartier «Klouschtergaart» sans oublier le projet JFK sur l’avenue éponyme du Kirchberg. «On cherche des projets où on a une valeur ajoutée à apporter, où ce n’est pas simplement dimensionner les choses», commente Luc Demortier. Celui-ci ne définit Greisch comme un «“solution manager” pour la réalisation d’objets». «On fait des moutons à cinq pattes: des ouvrages pour lesquels il y a de la réflexion, de la complexité», souligne-t-il.

Certains ouvrages présentent parfois une telle complexité de par leur taille comme le viaduc de Millau ou de par leurs matériaux et leur forme comme la Fondation Louis Vuitton que les ingénieurs se tournent vers leur service de recherche & développement qui développe un logiciel de calcul global propre au cabinet.

«Quand on arrive à mettre au point des structures aussi complexes, parfois les normes ne couvrent plus ce type de cas», reconnaît Axel Remont, chef de projet au bureau Greisch. «On travaille avec des universitaires et des bureaux spécialisés pour mettre au point des nouvelles formulations pour calculer les assemblages. Et ces formulations sont validées par une série d’essais en laboratoire», poursuit-il.

Le bureau emploie huit salariés au Luxembourg mais ils sont régulièrement accompagnés d’ingénieurs basés en Belgique qui viennent plancher sur les projets en cours et à venir. «En technique spéciale, le Luxembourg offre d’une part des moyens financiers qui ne sont pas forcément les mêmes que dans d’autres pays», relève Christian Chartz,
responsable de la cellule techniques spéciales. «Le pays est quand même à la pointe du suivi énergétique et du renouvelable, cela nous permet de mettre également en exergue des techniques plus sophistiquées», ajoute-t-il.

Le Luxembourg occupe depuis des années le cabinet Greisch et la dynamique n’est donc pas prête de s’arrêter. Il a à son actif plus de 5.000 projets dans plus de 20 pays en Europe. L’an dernier, le bureau a réalisé 209 millions d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de près de 8% par rapport à 2017.

www.greisch.com