LUXEMBURG
ERWANN DUSQUENNE

Les mégots de cigarette sont une plaie pour l’environnement. Si jeter les déchets dans une poubelle est un réflexe, une majorité de fumeurs jette encore leurs mégots par terre. En appelant, par voie de pétition, à restreindre les zones fumeurs, Erwann Dusquenne veut que les fumeurs prennent conscience de la pollution qu’ils engendrent, et veut faciliter le ramassage et la valorisation des mégots de cigarette.

«Je suis fumeur moi-même, et je suis toujours derrière mes amis qui jettent leurs mégots par terre, c’est vraiment un réflexe qu’il faut combattre. Je me suis aperçu en voyageant au Japon que là-bas les fumeurs sont très disciplinés et que l’on ne retrouve pas de mégots par terre. Cela s’explique en partie parce que dans l’espace public, les fumeurs sont cantonnés à certaines zones. Je pense que nous avons laissé assez de temps aux fumeurs pour se discipliner eux-mêmes, maintenant il faut passer à autre chose. Cette pétition a pour but d’appeler les députés à légiférer en ce sens. La proposition est d’interdire de fumer sur la voie publique, et de délimiter, voire d’installer, des zones fumeurs équipées afin de faciliter la gestion des mégots de cigarette.

Cette proposition est un moyen d’amener un débat, sur par exemple les infrastructures qui existent. Certaines terrasses de restaurant sont équipés de cendriers, certaines poubelles de ville aussi, mais c’est loin d’être la norme. Mais il faut changer les habitudes car un nombre croissant d’articles scientifiques décrit les impacts environnementaux du mégot de cigarette comme déchet, essentiellement composé de plastique, non biodégradable (il peut se dégrader en 1 à 12 ans en milieu naturel), et dont les produits chimiques qu’il contient représentent eux-mêmes une menace pour la faune et la flore, particulièrement en milieu aquatique (et pollue notamment l’eau potable - on estime qu’un mégot contamine jusqu’à 500 litres d’eau).

Jeter son mégot par terre est un geste très facile et socialement accepté, ce n’est pas considéré comme une incivilité dans l’esprit de la plupart des gens. Force est de constater que l’interdiction de jeter son mégot dans la rue sous peine de contravention ne suffit pas à atteindre les objectifs de réduction. Des amis ont été contrôlés en France, ils ont eu une amende mais on ne leur a pas demandé de ramasser leur mégot. Pour les autres, pas vu, pas pris! C’est aussi un coût pour les collectivités, on trouve des mégots jusque dans les parcs, et je ne parle même pas des plages sur nos lieux de vacances.

Une solution consiste à interdire de fumer dans la rue et de délimiter des zones fumeurs équipées, à l’instar de pays comme le Japon et l’Ukraine ou de certains quartiers dans des grandes villes européennes ou mêmes les aéroports. Cela permettrait de sensibiliser la population, et de regrouper les mégots à ramasser pour des filières qui se développent de plus en plus pour valoriser ce déchet.

On pourrait même réfléchir à ce que toute personne surprise à jeter un mégot en-dehors d’une zone prévue soit obligée de ramasser une certaine quantité de mégots ou déchets environnants pour ne pas avoir à payer d’amende, une sorte de travail d’intérêt général. Ceci ne devrait toutefois pas avoir lieu si les forces de l’ordre réprimandent suffisamment les personnes qui fumeraient en-dehors des zones prévues et du moment que ces zones soient bien équipées. Cela devrait néanmoins faciliter leur travail si les zones fumeurs sont bien délimitées. Les fumeurs diront qu’ils paient pour les autres, mais au vu du nombre de mégots par terre, il faut bien se dire que la grande majorité d’entre eux n’a pas encore de bon réflexe et il faut que cela change».