LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Schroders veut apporter des réponses aux évolutions de notre monde

Innovations technologiques, urbanisation croissante, changement climatique et transition vers une énergie propre, autant de thèmes qui ont été abordés mercredi lors de la «Global Transformation Conference» organisée par le gestionnaire de fonds Schroders. Nick Jankel, «transformation expert», est revenu sur les séries de changements qui ont bouleversé le marché ces dernières années. Le bon vieux temps est fini, prévient l’expert: «Si d’aucuns se disent que passé Donald Trump ou autre crise, nous reviendrons comme avant, ils ont tort, rien ne sera comme avant. Les humains ont les plus grandes difficultés à s’adapter aux changements, mais c’est pourtant bien ce qu’il faut faire».

Evoluer ou mourir, c’est bien là le lot des entreprises dans un marché qui évolue très rapidement. Alors que Kodak a mis près de quinze ans à faire faillite, d’autres mettent quelques semaines pour atteindre des sommets. Ainsi le jeu «Angry Birds» a mis seulement un mois pour atteindre les 50 millions d’utilisateurs, l’application chinoise Tik Tok représente une valorisation de 75 milliards de dollars, «la plus grosse de l’histoire pour une start-up». Il n’est plus question d’une tendance, mais bien d’un changement profond et durable. «Nous sommes dans l’ère du VUCA: Volatility, uncertainty, complexity and ambiguity (Volatilité, incertitudes, complexité et ambiguïté), c’est comme ça que le monde marche maintenant».

Et c’est vrai que les exemples sont frappants. Quelle est la société de voitures la plus profitable sans produire de voitures? Google qui a un logiciel pour voitures autonomes. La chaîne hôtelière sans hôtels? Airbnb. Un média qui ne crée pas de contenus? Facebook. Un détaillant qui n’a pratiquement pas de boutiques? Amazon. «Le futur est déjà là, mais nous sommes trop occupés pour le voir», indique Nick Jankel. Pour lui, si l’intelligence artificielle est déjà 30% plus performante que des avocats expérimentés, qu’un robot peut cuire 300 pizzas à l’heure, notre seul échappatoire est la créativité.

S’adapter, survivre à un environnement qui change sans arrêt, le tout dans une perspective de changement climatique et d’économie durable, Schroders mise de plus en plus sur des produits qui répondent à ces changements.

Une réponse aux changements

Ainsi l’«Energy fund» fait la part belle aux énergies renouvelables, qui seraient dans le monde deux tiers moins chères que les énergies plus traditionnelles, a expliqué Mark Lacey, «Head of Commodities» chez Schroders. Yashica Reddy, «Associate Product Manager» chez Schroders, a fait le point sur les opportunités d’entreprises durables avec un focus sur le marché textile qui est très polluant pour les plus gros acteurs. Les nouvelles fibres, comme la cellulose qui représente aujourd’hui 6% du marché mondial, fait partie des opportunités durables sur ce segment, rappelle Yashica Reddy.

Enfin, Gavin Marriott, «Product Manager for Global and International Equities» chez Schroders, est revenu sur les médias et a également rappelé que les cycles d’innovation sont de plus en plus courts. Ainsi le jeu vidéo Fortnite est devenu une énorme machine en seulement deux ans. Gavin Marriott distingue quatre types d’entreprises: les «disrupteurs» comme Netflix, les facilitateurs comme Comcast, les adaptateurs comme Disney et celles qui sont dans le déni comme iTV. «Disney est un bon exemple, en proie à la menace du streaming, le groupe a su s’adapter en proposant sa propre plateforme pour diffuser son contenu, aujourd’hui Disney a dépassé Netflix qui se montre néanmoins résilient avec son propre contenu».