LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Reckinger S.A. était prêt à reprendre 50 des 60 salariés mis sur le carreau

La faillite de Thermolux fait grincer des dents au sein de la Fédération des Installateurs en équipements sanitaires et climatiques. L’un de ses membres et dirigeant de la société Reckinger Alfred S.A. est clair: «La faillite était tout à fait évitable.» Au début de l’année, Michel Reckinger a conclu un plan de maintien de l’emploi avec Thermolux. Le deal était simple: Reckinger reprenait 50 salariés et Thermolux en conservait dix pour assurer un service de dépannage à ses clients. «L’accord voulait que les salariés terminaient le vendredi chez Thermolux et démarraient le lundi suivant chez Reckinger», ajoute le responsable. Pourtant, le plan n’a pas été approuvé par les représentants du personnel. Selon Michel Reckinger, «le syndicat a expliqué aux salariés que l’État les indemniserait avec au minimum trois mois de salaire puis qu’avec le chômage, ils toucheraient 80% de leur salaire.» Des conditions semble-t-il plus claires que celles prévues par le plan de maintien de l’emploi…

Un petit différentiel salarial

Car dans le cadre d’un plan de maintien de l’emploi, le salarié est payé au salaire minimum garanti, conformément au contrat collectif. «Cela devait être de l’ordre de 13 euros de l’heure mais ils en touchaient quinze chez Thermolux, vu le salaire tarif là-bas», explique Michel Reckinger. Pour dissiper les craintes des salariés, l’État peut verser le différentiel jusqu’à 90%. «Ce qui veut dire que le salarié renonce à 10% du taux horaire de son salaire.» Compte-tenu de l’opposition du secrétaire syndical, une prime a été proposée: «Elle tournait autour des 3.000 euros en moyenne, en fonction de l’ancienneté.» Malgré tous ces efforts, le non l’a emporté devant le plan de maintien de l’emploi, emmenant la S.à.r.l. tout droit vers la faillite. «Je suis dégoûté», confie Michel Reckinger.

Sacrés congés collectifs

Du côté syndical, la lecture est évidemment différente. «Le problème est que la faillite tombe juste avant les congés collectifs», note Stéfano Araujo. Pour le secrétaire syndical de l’OGBL, «il est difficile pour les sociétés de recruter à ce moment-là». Bref, ça ne serait qu’aux alentours de la reprise du 18 août que les ex-salariés pourraient retrouver de l’emploi. «C’est de la foutaise», rétorque Michel Reckinger qui ajoute: «Les syndicats s’en fichent royalement des frais et des conséquences de la faillite pour la collectivité. Les fournisseurs sont lésés pour plusieurs millions d’euros.» Quant à Stéfano Araujo, il reconnaît que certaines entreprises se sont déjà manifestées pour reprendre du personnel de Thermolux. «Je ferai suivre» l’information aux intéressés, avant d’ajouter que «les chances sont là», avec un personnel qualifié et des profils recherchés dans le milieu.

Hier matin, Stéfano Araujo a réuni les 60 ex-salariés de Thermolux pour une réunion d’information. «On leur a expliqué leurs droits par rapport à la faillite», explique-t-il. Quant à la case chômage, elle semble inévitable pour le syndicaliste qui conclut qu’«il vaut mieux s’inscrire pour avoir une couverture sociale.» Pas sûr que cet argument fasse baisser la température dans les rangs de la Fédération des Installateurs en équipements sanitaires et climatiques.