LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Des coûts globaux de crédit plus légers poussent les emprunts

Quelle est la tendance actuelle en matière de prêts: les banques sont-elles réticentes à prêter? Faut-il des apports plus importants? Quelles sont les garanties généralement requises pour un emprunt hypothécaire dans les banques avec lesquelles vous travaillez?

Vincent Quillé Les banques ne sont pas spécialement réticentes à prêter si le dossier est bien monté et argumenté dans le respect de leurs politiques de risques (respect du ratio d’endettement et revenu excédentaire suffisant pour assumer les charges du ménage, prix d’achat du bien en ligne avec le marché). Il est tout à fait possible de financer un bien à 100% pour une résidence principale pour faciliter l’accès à la propriété des plus jeunes. En revanche dans le cadre d’un investissement locatif ou d’une seconde acquisition (appartement plus grand ou maison), il sera alors demandé un apport plus conséquent de 10% à 20% du prix du bien minimum. Dans tous les cas, les banques ne financent pas plus de 100% du prix du bien, il faudra toujours assumer soi-même le financement des coûts d’acquisition, d’hypothèque et éventuellement une assurance.

Le contexte de taux bas stimule-t-il le secteur immobilier?

Quillé De toute évidence, oui. Aujourd’hui emprunter de l’argent coûte très peu cher, le montant des intérêts sur la charge mensuelle de remboursement et sur le coût global du crédit est donc plus léger, ce qui permet d’emprunter plus à revenu égal. Comme l’accès à l’argent devient plus facile et moins cher, la décision d’achat immobilier devient évidente pour les ménages.

La demande des clients porte-t-elle plutôt sur des taux fixes, variables ou un mix des deux?

Quillé Traditionnellement le marché luxembourgeois était adepte du financement à taux variable, car ce type de financement offre une vraie flexibilité de remboursement et permet de profiter d’une baisse des taux. A contrario, les taux fixes étaient plutôt chers, et les pénalités en cas de remboursement anticipé (si revente par exemple) étaient très élevées. Depuis 2017, sur les taux fixes, il existe un plafonnement des indemnités de remboursement à six mois d’intérêts sur le capital remboursé jusqu’à 450.000 euros et à condition que le bien financé soit une résidence principale depuis plus de deux ans. Ceci jumelé à un contexte de taux fixe bas, la tendance vient naturellement vers le choix d’un taux fixe. Cependant il est intéressant de proposer des mixs en fonction des profils et des projets. Souvent, compte tenu des prix de l’immobilier au Grand Duché, un montant de 450.000 euros d’emprunt est très souvent dépassé et les acquéreurs qui financent leur bien sur 30 ans ne vont pas nécessairement le garder aussi longtemps.