L'analyse de Geoffroy de Schrevel/Gambit Financial Solutions

Même si le futur proche est encore peu prévisible, la crise du Covid a accéléré non pas spectaculairement, mais plus profondément que nous le pensons, un certain nombre de changements dans notre vie de tous les jours. Nous ne consommerons plus, ne nous soignerons plus, n’apprendrons plus comme avant. Notre épargne n’y échappe pas. Voici trois tendances qui vont sans doute bouleverser notre manière de protéger notre santé financière personnelle.
Quelle qu’ait été notre utilisation avant la crise, nous avons été contraints de recourir à de multiples services en ligne, très souvent via une application mobile. Certains d’entre nous se sont lancés dans le do-it-yourself, que ce soit pour une coloration de cheveux, la réparation d’électroménager ou même la consultation médicale. Nous avons aussi béni les tutoriels pratiques et avons été si reconnaissants à notre médecin de sa prescription par écran vidéo. Bref, nous avons  appris à nous faire conseiller à distance. Les services numériques font maintenant partie de notre vie quotidienne. Pour l’essentiel comme pour l’accessoire. 

Une qualité des services primordiale

Les banques comme les assurances qui avaient déjà mis en place des services en ligne avant la crise s’en sont félicités: leurs clients ont pu continuer à consommer, à payer, à épargner en ligne. La qualité des services proposés sera désormais primordiale pour tous ceux qui souhaitent mettre de l’argent de côté: délai de réponse aux échanges en ligne, signature numérique, simulations de portefeuilles….  Plus que jamais, les consommateurs seront demandeurs de services fiables et rapides et, pour leurs opérations courantes, «l’expérience client» fera toute la différence.
Netflix, Amazon Prime et consorts ne sont pas de super «vidéos à la demande». Non seulement leur catalogue est bien plus élargi que leurs seules productions, mais en plus du produit désiré nous recevons des suggestions en fonction de notre quotidien (lieu de résidence, visions antérieures…) et selon les choix d’autres abonnés. La VOD est un service en ligne axé sur les produits, Netflix est un service digital axé sur le client: il nous rend le divertissement plus facile d’accès, plus varié, plus pertinent, même si le bouche-à-oreille reste une source inégalée d’orientation culturelle.  
Plusieurs institutions financières ont déjà décidé de digitaliser leur service d’épargne et d’investissement sur le modèle Netflix plutôt que de rester dans l’option VOD, en élargissant leur offre au-delà des produits «maison». La voie est ouverte pour de nouveaux modèles de services intégrés après les agrégateurs de comptes ou l’arrondi sur paiements notamment. L’intérêt manifesté par les épargnants pour les plateformes d’investissement en ligne pendant la crise ne peut qu’accentuer cette tendance.

Les investissements de l'avenir devront répondre à des critères durables

La «génération Greta», du nom de la jeune Greta Thunberg, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat) ont, avec beaucoup d’autres, contribué à faire prendre conscience que la lutte pour le climat, au sens large, est autant l’affaire des gouvernants que de chacun en particulier. Pour un nombre croissant d’épargnants la santé de notre planète est une préoccupation de plus en plus prégnante.  
Les investissements d’avenir seront ceux qui répondent à des critères durables, autrement dit des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), ou de responsabilité sociale (ISR). Les supports qui le permettent sont de plus en plus nombreux et ces actifs ont, en général, des performances au moins équivalentes aux actifs traditionnels. Deux bonnes raisons sans aucun doute de les adopter.