ESCH-SUR-ALZETTE
CHRISTIAN SPIELMANN

«Quelle Famille!» au Théâtre d’Esch-sur-Alzette

La pièce de théâtre « Quelle Famille!» a été écrite par Francis Joffo en 1995. L’entreprise de production Nouvelle Scène a repris la pièce qui a fêté sa première à Bordeaux en septembre 2018 sous la direction de Xavier Viton. En novembre débutait une tournée à travers la francophonie et la troupe s’est arrêtée jeudi soir au théâtre d’Esch-sur-Alzette, avec le seul bémol que l’actrice principale Armelle a joué avec une voix enrouée par une grippe. De ce fait, sa voix devenait souvent aiguë de sorte à ce que le spectateur ne comprenait pas toujours ce qu’elle disait.

Défoncer la porte

Denise (Claire Conty) se réfugie chez sa fille Marie-Christine (Armelle) alors qu’elle soupçonne son mari Raymond (Didier Claveau) d’avoir une maîtresse. Edouard (Xavier Viton), son beau-fils, tente de la calmer mais elle décide de rester seule dans une chambre. Un autre visiteur se pointe, le père de Denise que tout le monde appelle «Super-Papy» (Jean-Pierre Castaldi). Lui aussi a l’intention de se séparer de sa femme après 60 ans de mariage. Comme si deux possibles divorces ne suffisaient pas, la fille de Marie-Christine Annie (Julie Lagnier), débarque, ayant laissé son mari Franck (Simon Jeannin) à Courchevel où ils ont passé leur voyage de noces. Franck qui n’a pas compris la réaction de sa femme, la rejoint. Mais celle-ci s’enferme dans sa chambre. Edouard, qui s’efforce de dominer la situation, menace sa fille de la jeter hors de la maison si elle n’ouvre pas la porte. Il est tout de suite blâmé par sa femme qui à son tour s’enferme. Alors Super-Papy propose une solution infaillible: Il faut défoncer les portes et se faire respecter ainsi. Mais Edouard s’oppose à cette méthode brutale. Alors Raymond sonne à la porte. Peut-être lui qui était colonel en charge de la sécurité de l’Elysée connaît une solution?

In vino veritas

Au début de la pièce, il semble que le réalisateur est en manque d’inspiration. Les deux actrices Armelle et Conty d’obstinent à s’asseoir et à se lever de nouveau dans une cadence énervante. Puis, Marie-Christine est tout le temps en train de servir des verres et de les rapporter d’où elle les a pris. C’est seulement avec l’arrivée de Castaldi que la pièce retrouve un certain rythme. Son point fort est la discussion des quatre hommes sur les options qui leur restent à calmer les femmes. Ceci se fait autour d’une bouteille de whisky, qui lui est comme les seins d’une femme: «Un ne suffit pas et trois c’est trop», et Super-Papy avoue faire partie des «alcooliques unanimes». Finalement, Franck prend tout son courage en mains et fonce vers la porte.

Sa légère blessure fait que les trois couples se réconcilient. Super-Papy est content d’avoir à nouveau perçu le bruit d’une famille qu’il espère retrouver dans sa maison avec son épouse. A côté de Castaldi, c’est le réalisateur-acteur Viton qui a su convaincre le plus par ses manies de hurler et de gesticuler pour se faire respecter. Grâce aux acteurs et aux jeux de mots, la comédie de Francis Joffo a su divertir.