LUXEMBOURGCATHERINE KURZAWA

Les négociations entourant la convention collective s’enlisent

Syndicats et direction ne semblent pas partager le même couloir aérien, dans les négociations entourant la convention collective de travail. Mercredi soir, Cargolux a publié un communiqué dans lequel il «réitère la proposition faite dernièrement aux syndicats.» Tout d’abord, il est question de rétablir la convention collective de travail jusqu’au 31 décembre de l’année prochaine. Côté syndical, on ne manque pas de préciser qu’elle s’étendrait «d’aujourd’hui au 31 décembre 2014», explique Aloyse Kapweiler du LCGB. Un détail qui importe au vu des autres points, puisque, aux yeux des représentants des travailleurs, le plan d’économie s’étalerait dès lors sur une période plus longue avec, par conséquent, plus de faisabilité.

Économies rabotées mais élevées

Il est ensuite question d’économies dans les coûts du personnel, pour un total de 12,5 millions de dollars. Un projet conjugué à des efforts au niveau de l’efficience et de la productivité, voire à des mesures supplémentaires «si l’objectif de réduction des coûts pour 2014 par le biais de l’amélioration de l’efficience et la productivité n’était pas atteint», prévient la direction. Celle-ci refuse par contre de rembourser les 12,5 millions économisés en cas de profit, mais seulement une partie. D’après Aloyse Kapweiler, il serait question de «2,5 millions de dollars seulement.»

«On a l’impression que la direction se moque des syndicats», proteste Hubert Hollerich de l’OGBL. Ce dernier digère mal le silence des dirigeants, après les propositions syndicales pour accroitre la productivité de Cargolux. Les représentants tentent de dégager d’autres pistes que la coupe salariale décrétée par le patronat. Ce dernier affirme cependant avoir tempéré ses ardeurs, tant son projet est passé d’une coupe de 37 à 12,5 millions de dollars. Mais, pour Aloyse Kapweiler, cela reste «toujours énorme», quand on sait que la masse salariale pèse 160 millions de dollars par an.

Manœuvre délicate

Dans les prochains jours, les deux syndicats devraient se réunir, espère Hubert Hollerich qui a convié le LCGB, minoritaire chez Cargolux, à venir discuter. «La délégation du personnel a recommandé de saisir l’Office National de Conciliation», détaille le syndicaliste OGBL qui souligne que rien n’est encore tranché. Il faut dire que le contexte est délicat, tant les divergences sont fortes. Mais le syndicaliste est certain: «Il y a encore une certaine marge de manœuvre pour la direction.» Maintenant, reste à définir s’il faut assouplir ou au contraire réaffirmer sa position. «On ne peut pas claquer la porte trop fort, au risque qu’elle ne puisse plus s’ouvrir avec la direction», reconnaît Hubert Hollerich. Mais il ne faudrait pas que les négociations traînent de trop. Les employés restent couverts par la convention collective en vigueur depuis le 28 septembre dernier et cela, jusqu’au premier septembre prochain.