LUXEMBOURG
CHRISTIAN SPIELMANN

Rencontre avec Eric Serra à Pont-à-Mousson

Lors de la présentation du premier festival «Des Notes & des Toiles» qui aura lieu du 4 au 6 septembre prochain à Pont-à-Mousson, le compositeur fétiche de Luc Besson, Eric Serra, était l’invité d’honneur. Dans le cadre de ce festival, Serra se produira sur scène avec son groupe RXRA pour jouer entre autre ses musiques des films «Le Grand Bleu», «Subway» ou «Arthur et les Minimoys».

Le compositeur a trouvé le temps de répondre aux questions du critique de cinéma du «Lëtzebuerger Journal».

Au début, l’intérêt pour la musique de film manquait

Questionné sur un compositeur ou une musique de film qu’il aimait particulièrement, il avoua admirer l‘œuvre d’Ennio Morricone qu’il a connue notamment par les films «Il était une fois à l’ouest» ou «Le bon, la brute et le truand». Très jeune, Serra a appris à jouer la guitare, puis la batterie, la basse, le synthétiseur et le piano. Mais comment devient-on compositeur de musique de film? «Je suis arrivé à la musique de film totalement par hasard», répondait-il. «J‘étais parti pour une carrière de musicien instrumentiste. J’ai joué sur des disques, sur scène. J’ai accompagné Jacques Higelin pendant sept ans. A 18 ans, j’ai rencontré Luc Besson. Quand il a réalisé son premier court-métrage, il m’a demandé de composer la musique. Comme ça, tout a commencé. Puis, venait son premier long-métrage ‹Le dernier combat›, puis ‹Subway›, ensuite ‹Le Grand Bleu›. Je ne me suis jamais spécialement intéressé à la musique de film. Plus tard, étant devenu officiellement compositeur de musique de film, j’y ai fait plus attention qu’auparavant.» Il préférait écouter de la musique rock et par après, il s’est intéressé au classique. Et il confiait que depuis peu de temps, il est en train de travailler avec un copain sur une comédie musicale d’après «Arthur et les Minimoys ».

Inconditionnellement Besson

Après les musiques pour les films de Besson, il a eu beaucoup de demandes par d’autres réalisateurs, mais expliquait-il : «Je travaille tout seul - je suis vraiment un artisan - et du coup ça me prend beaucoup de temps. Je fais une musique de film dans le temps qu’on me donne. Si on me donne deux mois, je le fais. Mais mon confort, c’est six mois à raison de 16-17 heures par jour et ceci sept jours sur sept. C’est vraiment intense et quand j’ai terminé, il me faut de longues vacances. Je n’ai pas envie de faire plus d’un film par an.»

Concernant Luc Besson, il a toujours adoré le rôle qu’il donne à la musique dans ses films.

«C’est pas une question de scénario», continuait-il, «c’est une question de rôle de la musique. A Luc, je dis oui d’avance, sans même avoir lu le scénario. Bien sûr je lis le scénario, et même il me raconte l’histoire, avant que je commence.» Serra a gagné un César pour la musique du «Grand Bleu».

«Ça fait plaisir, sans plus», disait-il en riant. «Et même un Oscar serait comme une décoration. Ce n’est même pas un but, ni même une motivation.» En ce moment, il est en train de développer un concert avec son groupe RXRA dont la première aura lieu le 15 octobre au «Grand Rex» à Paris. Ce sera un spectacle avec des extraits de films sur lesquels le groupe jouera la musique.

Une tournée en France suivra, puis le Japon et la Russie. Le concert à Pont-à-Mousson est une bonne occasion de tester cette idée, une sorte d’avant-première.