LUXEMBOURG
MARIE-ANTOINETTE HARLES

Avoir un animal de compagnie, c’est en prendre soin, c’est une responsabilité. En tout cas en théorie. Chaque été les refuges font le plein car les familles se débarrassent plus ou moins délicatement de leur compagnon à poils pour diverses raisons. Quand les animaux ne sont pas tout simplement abandonnés en pleine nature. Marie-Antoinette Harles est bénévole dans son refuge associatif de chats, SOS Animaux, depuis 26 ans. Malgré les campagnes de sensibilisation, elle se désole de voir chaque année le même schéma se répéter.

«Chaque été c’est la même chose, surtout avec les portées de chatons. Les gens ne stérilisent pas leurs chats, du coup toutes les portées débarquent à nos portes au mois de juin et juillet. Parfois, il faut nourrir les chatons à la pipette car la mère ne produit pas assez de lait. C’est intéressant les chatons, c’est ce que les familles recherchent en priorité. C’est un cadeau classique à Noël, un petit chaton c’est tellement mignon. Mais non, je déconseille d’offrir un animal en cadeau. Le chaton grandit, il faut s’en occuper, en prendre soin, l’emmener chez le vétérinaire, cela a un coût. Cela fait que quelques mois plus tard, le petit chat est de retour au refuge. Ceux qui nous regardent dans les yeux en nous disant qu’après trois ou quatre ans on développe subitement une allergie aux poils, je vois bien qu’ils mentent. Les déménagements aussi sont souvent une raison d’abandon, certains laissent carrément leur bête sur place, sans se retourner. Je me demande comment ces gens-là dorment la nuit… Nous essayons de bien expliquer aux personnes intéressées par un animal tout le travail et le budget que cela représente, mais visiblement cela n’est pas suffisant.

Ce qui me fait rager le plus c’est que les gens nous disent “vous êtes là pour ça”, alors que non, nous sommes seulement une association qui vit de dons. On nous appelle les soirs et
weekends parce que les gens trouvent des oiseaux, des renards, quand on leur répond que nous ne prenons que des chats et qu’il faut se rendre à Dudelange, “ah non c’est trop loin” nous répond-t-on. Ils ne se rendent pas compte que nous ne sommes qu’une association avec des petits moyens, d’autant que les dons sont en baisse alors que le refuge demande du travail pour garder les animaux propres, les emmener chez le vétérinaire etc.  

Nous avons quelques places pour garder des chats pendant les vacances, cela permet de faire un peu d’argent, même si cela ne doit pas être notre activité principale. Les grands refuges à Dudelange et Gasperich offrent ces services également, mais il faut prendre ses dispositions en amont des vacances.

Depuis le mois de mars, une nouvelle loi impose de poser une puce sur les chats, ce qui n’était obligatoire que pour les chiens jusque-là, et surtout de les faire stériliser, ce qui est une très bonne chose. Mais la loi exempte les agriculteurs, ce n’est pas juste que la loi ne s’applique pas à tout le monde. Car la mentalité dans les campagnes c’est qu’un chat stérilisé n’ira pas attraper les souris, ce qui n’est pas vrai. Et sans puce, difficile de retrouver un propriétaire. Et de toute façon les amendes dans ces cas-là ne font pas peur, c’est dommage».