LUXEMBOURG-NEUDORF
CATHERINE KURZAWA

Avant son déménagement au printemps à la Cloche d’Or, Deloitte Luxembourg a fait le point sur ses activités

Pour la dernière fois jeudi, la presse avait rendez-vous à Neudorf pour assister à la présentation des résultats annuels de Deloitte Luxembourg. D’ici au mois de mai, le cabinet déménagera dans son nouvel écrin de la Cloche d’Or. «Un bâtiment, ce n’est jamais qu’une enveloppe», a temporisé Sophie Mitchell, «Operation leader» de la société dont le chiffre d’affaires a gonflé de 12% au terme de son exercice 2018 décalé, à 330 millions d’euros.

En pratique, 90% des 2.300 salariés vont prendre leurs quartiers sur les 30.000 m² du building en cours de finition, face à son concurrent PwC Luxembourg. Mais quelque 250 recrues seront installées à Belval, au bâtiment des Terres Rouges, où le cabinet a décidé de louer 5.000 m² pour y baser ses conseils en services financiers axés sur les fonds d’investissement. Le bâtiment frontalier permettra non seulement d’alléger le trajet d’une partie de la masse salariale mais aussi de servir de point d’arrêt dans le chaos de la mobilité. Un plateau destiné aux travailleurs «de passage» est prévu pour marquer une pause avant de poursuivre sa journée de travail au siège principal.

Le «managing partner» John Psaila a d’ailleurs insisté sur la flexibilité du temps de travail accordée à ses employés: ils sont tenus d’être à leur poste entre 10.00 et 16.00, le reste relève de l’organisation personnelle.

Le conseil, une locomotive

Et si Deloitte Luxembourg ne pèse que 0,9% de l’ensemble des revenus du groupe dans le monde et 0,8% de sa masse salariale totale, l’entité mise beaucoup sur l’international. «Il y a une expertise luxembourgeoise spécifique que l’on peut déployer plus loin», a souligné John Psaila.

Ainsi, le métier de conseil a vu ses revenus bondir de 20% en un an, soit un rythme cinq fois plus élevé que l’audit. A propos de ce dernier, «c’est un marché où il y a une certaine saturation», a admis le «managing partner», rappelant au passage que certains clients sont désormais tenus de changer d’auditeur tous les sept ans. Le marché «est plutôt de nature à augmenter les honoraires que le nombre de clients».

Par contre pour ce qui est du conseil, «on crée de nouveaux services avec donc un potentiel de croissance plus grand. Qui plus est, c’est un marché qui va au-delà des frontières», a ajouté Sophie Mitchell. 900 salariés sont occupés dans ce métier et son responsable Joël Vanoverschelde l’affirme: «Il y a une augmentation du nombre de sujets à traiter sur le marché».

Enfin, le département fiscalité a signé une hausse de 8% de ses revenus. «On est dans une guerre fiscale entre les Etats», a commenté son responsable, Raymond Krawczykowski qui dit scruter les changements règlementaires actés et à venir.

Si les différents métiers connaissent des évolutions variées, un fondamental reste: la chasse aux talents et leur rétention dans le membre des «big four». Les profils évoluent aussi au gré du marché, avec une tendance à attirer davantage d’ingénieurs selon John Psaila qui ne le cache pas: «On a un taux de rotation de 20%, ce que nous estimons normal dans notre métier». Et à Sophie Mitchell d’ajouter une difficulté supplémentaire au niveau de la qualification des jeunes diplômés qui entrent dans la vie active. «Les écoles s’adaptent assez lentement» aux évolutions du marché, pointe-t-elle.

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