PARIS
CATHERINE KURZAWA

Malgré l’amende versée aux autorités américaines en 2014, BNP Paribas ne s’avoue pas vaincu

S’il est bien un évènement qui a marqué l’actualité de BNP Paribas en 2014, c’est incontestablement la sanction de 8,97 milliards de dollars (6,6 milliards d’euros) infligée par les autorités américaines. Cet exceptionnel ne passe pas inaperçu dans le résultat net du groupe financier qui fond de 96,7% en glissant de 4,8 milliards d’euros en 2013 à 157 millions d’euros en 2014. Au total, BNP Paribas accuse 7,4 milliards d’euros de dépenses exceptionnelles, contre près de 1,5 milliard un an plus tôt. Entre la poursuite du plan de transformation «Simple & Efficient» pour 717 millions d’euros et les 250 millions d’euros du plan de remédiation lancé dans la foulée de l’accord avec les autorités américaines, l’ardoise est lourde. Mais pas assez pour faire vaciller le géant qui possède 291 milliards d’euros dans son bas de laine, soit 44 milliards d’euros de plus qu’en 2013. «La réserve de liquidités est à son plus haut», surenchère l’administrateur directeur général Jean-Laurent Bonnafé. D’ailleurs, le ratio «common equity Tier 1» Bâle 3 reste stable à 10,3%, soit bien au-delà des 3,6% du levier exigé.

Le Luxembourg toujours porteur

Au niveau de la banque de détail, BNP Paribas note une poussée des dépôts de 3,6% mais un tassement des encours de crédit de 0,3%. Le résultat avant impôt glisse de 3,7% à 3,4 milliards d’euros, «compte-tenu de la charge italienne», appuie François Villeroy de Galhau. Le directeur général délégué le reconnaît: «La situation économique italienne est encore défavorable». Mais le groupe compte bien repositionner son modèle commercial en s’orientant vers les entreprises de plus grande taille. En un an, son résultat avant impôt a dégringolé de 90,2% à 23 millions d’euros. Par contre ailleurs, la tendance est moins mauvaise avec une contraction des gains de 4,9% en France à 1,7 milliard d’euros et un bond de 15,7% à 738 millions d’euros pour les activités belges. Au Luxembourg, la Banque de Détail et des Entreprises voit ses encours de crédit grimper de 1,4% et ses dépôts de 5,2%. Des indicateurs positifs certes, mais qui marquent un ralentissement après les croissances de respectivement 2,2% et 5,2% en 2013. «Cela reste des progressions», appuie François Villeroy de Galhau qui ajoute que le groupe «reste très engagé dans le développement au Luxembourg».

La maîtrise en avant

Hors éléments exceptionnels, le groupe signe un résultat net de sept milliards d’euros et tous ses pôles opérationnels voient leurs revenus progresser à périmètre et change constants. Quant au coût du risque, il recule de 2,5% à 3,7 milliards d’euros. Autant d’arguments qui nourrissent l’image de résistance voire de résilience du groupe dans un contexte particulier. Il ne compte d’ailleurs pas raboter son dividende et proposera 1,5 euro à l’assemblée générale de mai soit «un rendement de 3%», souligne Jean-Laurent Bonnafé. Et un an après le lancement du vaste plan «Simple & Efficient», les dirigeants se montrent confiants.

«L’année 2014 montre que nous sommes en avance sur notre plan», insiste Jean-Laurent Bonnafé. Plus de 1,7 milliard d’euros a déjà été économisé et le groupe a rehaussé son objectif d’économies à 3 milliards d’euros, contre 2,8 milliards l’an passé. Le tout dans un contexte de croissance avec l’an dernier l’acquisition de Bank BGZ en Pologne, de DAB Bank en Allemagne et de 50% de LaSer en France. Le volet règlementaire devrait aussi peser puisque le groupe estime à 500 millions d’euros l’impact additionnel à l’horizon 2016. Plus que jamais, le slogan «la banque d’un monde qui change» n’a sonné aussi juste.


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