LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La Brasserie Nationale signe une bonne année 2018, boostée par une météo exceptionnelle durant l’été

La Brasserie Nationale a présenté mercredi ses chiffres 2018, dans un contexte où la consommation mondiale recule, mais où le marché des micro-brasseries est en pleine expansion. Initialement prévue au Lycée de garçons du Limpertsberg, la Brasserie Nationale intervenant régulièrement dans les lycées sur le thème de l’entrepreuneuriat, la conférence de presse a été transférée à la quasi dernière minute à la Banque de Luxembourg. Un fonctionnaire aurait mis son veto, mais l’alcool (servi à la fin de la conférence) ne serait pas en cause. Un refus qui restera donc un mystère.

La première marque mondiale de bière est chinoise, la «Snow» se vend quasi exclusivement en Chine, dans un marché mondial où paradoxalement les bières restent très locales, seule la marque Heineken arrive à être présente globalement. En 2017, la consommation mondiale a reculé de 1,96 million d’hectolitres. Les volumes consommés progressent en Afrique et en Asie du Sud-Est mais, reculent partout ailleurs (-2,2% USA). En revanche, le marché mondial s’est apprécié de 20% en valeur depuis cinq ans, d’après les chiffres donnés par la Fédération des brasseurs européens.

Pour ces derniers, l’année 2017 est la meilleure année depuis huit ans, avec une production totale de 396 millions d’hectolitres. Cette évolution favorable est principalement due aux exportations. En effet, 20% des bières bras-sées sont destinées à l’exportation intra européenne, tandis qu’un tiers est exporté en dehors de l’Union européenne. Il est à prévoir que la tendance se reproduise en 2018.

L’Europe compte quelque 9.500 brasseries, dont trois quarts sont des micro-brasseries. Cette multitude de structures offre aux consommateurs une grande diversité de qualité et de goûts. La tendance à la baisse des ventes dans le secteur Horeca en Europe a été confirmée en 2017 et 2018. En Belgique, les ventes tous produits dans ce secteur sont en baisse de 2,1% et en Allemagne, les ventes en fûts ont chuté de 4%.

Croissance de 10% pour les micro-brasseries

La consommation et la production de bière sont en hausse au Luxembourg, et ceci en partie grâce à la croissance de 10% des micro-brasseries, qui sont quasi 10.000 en Europe. Une bonne chose pour Georges Lentz, administrateur délégué de la Brasserie Nationale : «Oui, c’est une concurrence, mais c’est dans l’intérêt de la bière, et c’est ce qui importe. Ils ont rendu la bière sexy à nouveau, et c’est aussi bon pour nous».

Pour ce qui est du marché national, en 2018 il s’est stabilisé à 396.000 hectolitres de bières luxembourgeoises consommées au Luxembourg. Le Grand-Duché est un marché difficile, admet Georges Lentz, car même si la Brasserie Nationale est leader, 50% du volume vendu est de la bière étrangère, ainsi que 40% des bières consommées. Mais le marché luxembourgeois ne représente que 5% de la production de la Brasserie Nationale qui écoule en France plus de la moitié de ses bières (56,25%), s’en suit le sud de la Belgique (37,5%), sur 8 millions d’hectolitres produits chaque année pour ses différents marchés.

Trois nouveaux produits pour diversifier la gamme

2018 a été d’autant plus productive pour la Brasserie Nationale car elle a présenté trois nouveaux produits pour diversifier sa gamme: la Battin brune en février, la Battin Pils en avril et enfin en septembre dernier la Funk-Bricher qui est bio et vegan qui s’est déjà écoulée à près de 1.000 hectolitres pour un total de 5.000 hectolitres pour les trois nouveaux brevages. «Il y a un potentiel de 10% du marché total pour le bio en général, il était important de nous positionner, et d’arriver avec une gamme assez complète, je ne vois pas bien ce que l’on pourrait rajouter», explique Frédéric de Radiguès, CEO de la Brasserie Nationale. Et d’expliquer ce qui rend vegan la nouvelle bière du groupe. «En réalité toutes les bières sont d’office vegan, mais la différence se fait sur le packaging. En effet la colle utilisée pour nos autres bouteilles est à base d’os… Comme la charte vegan est très stricte, nous avons dû nous adapter pour cette bière en particulier».