LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le marché du LED se développe à une vitesse fulgurante

Il y a quelques années encore, le LED était cette petite lumière froide que l’on retrouvait sur certains modèles de lampes de poches - souvent les plus onéreuses. Aujourd’hui, la technologie s’impose non seulement auprès des professionnels mais aussi pour le grand public. Ainsi, le cabinet CSIL - qui estime à 20% la part du LED dans le marché européen de l’éclairage - table sur une poussée à 60% voire à 65% en 2020. Un renforcement qui s’explique par les développements de la technologie qui devient ainsi plus poussée et plus intéressante dans bien des secteurs. Outre l’éclairage, on retrouve le LED dans la signalisation, la lecture de données en tant que faisceau laser pour CD et DVD mais aussi dans la transmission de signaux, que ce soit par fibre optique ou par infrarouge. Mais pour le grand public, cette technologie se retrouve avant tout dans les lampes et les téléviseurs. Ce marché a fortement évolué ces dernières années, au rythme des innovations qui ont relayé le tube cathodique aux oubliettes. Après le Plasma, le LCD s’est imposé avant de faire place au LED puis à l’OLED. Si cette année le taux de pénétration de cette technologie reste en dessous des 2% à l’échelle mondiale d’après l’outil Statista, elle devrait passer à près de 5% l’an prochain et décoller à 9% en 2016.

Vers une dominance du LED

Sur le front de l’éclairage, force est de constater que les récents changements règlementaires en Europe ouvrent une voie royale au LED. Depuis mars, les ampoules à incandescence ont quitté les rayons des supermarchés. Et l’halogène pourrait bien passer à la trappe suite à la nouvelle directive européenne prévue pour 2016 et relative à l’éclairage, vu ses performances énergétiques moindres que le LED. Les industriels se préparent donc à ce vaste changement de paradigme en Europe. Le vieux continent compte de nombreux fabricants dont le néerlandais Philips, le plus gros acteur du marché occidental sur base de sa capitalisation boursière (voir graphique). Les groupes allemands Osram et Aixtron ne sont pas en reste tandis que l’autrichien Zumtobel parvient à se faire une place entre les firmes américaines qui veulent aussi rebondir sur le marché du LED. Bref, cette technologie s’apprête à s’immiscer partout autour de nous, sans pour autant ravir tout le monde.

Une technologie qui divise

Outre le fait que son prix d’achat est substantiellement plus élevé que les autres types d’ampoules, certaines voix s’élèvent pour pointer le risque d’éblouissement et de lésion oculaire provoqués par le LED. Au niveau écologique, des organisations pointent la présence d’arsenic dans la fabrication des diodes et leur luminosité particulière aurait des impacts sur certaines espèces d’animaux, tels que les papillons.

Mais à côté de ça, les industriels vantent les atouts du LED tels que la bonne résistance mécanique des diodes, leur éclairage instantané, leur faible consommation électrique et aussi leur durée de vie au moins dix fois supérieure à celle des lampes halogène et 20 fois plus élevée que les lampes à incandescence classique. Il n’empêche, on sait à quel point le renouvellement des équipements est un élément vital pour le marché. Il est d’ailleurs difficile de ne pas penser au «Centennial Light» qui brille sans arrêt depuis 1901 dans la caserne des pompiers de Livermore, en Californie.

Inscrite au Guiness Book des records, cette ampoule à incandescence est généralement citée comme preuve a contrario de l’obsolescence programmée. Depuis des décennies maintenant ce précepte dirige le marché et force est de constater qu’aujourd’hui, il est difficile de croire à la promotion du «conçu pour durer».