DURBUY
CATHERINE KURZAWA

80 millions d’euros d’investissement: Marc Coucke et son associé Bart Maerten sont emballés par la ville wallonne de Durbuy

Avec ses petites rues pavées et ses maisons de pierres sorties tout droit d’un conte pour enfants, Durbuy ne manque pas de cachet. La cité wallonne connue comme étant la plus petite ville du monde attire des milliers de visiteurs tous les ans, à deux tiers des Hollandais et des Flamands. Certains parmi eux sont littéralement tombés sous le charme des lieux, jusqu’à y investir. 80 millions d’euros précisément. Le milliardaire flamand Marc Coucke a fait parler de lui ces derniers mois avec ce qui s’apparente à une partie de Monopoly géant. Du parc d’activités en plein air «Durbuy Aventures» à une série d’hôtels et de restaurant sans oublier des terrains: l’homme d’affaires compte ériger un vaste parc de 200 hectares dédiés au tourisme et à la nature.

A ses côtés, son associé Bart Maerten est le local de l’étape. Sa famille a fondé le centre de loisirs en plein air «La petite merveille» en 1964, concurrent direct de «Durbuy Aventures». Ce Flamand connaît Durbuy de fond en comble, a même présidé son syndicat d’initiative et s’est associé début 2016 avec Marc Coucke. «On a vite compris qu’on était plus fort ensemble que séparé», confie-t-il.

Du weekend à la semaine

Voilà pourquoi «Durbuy Aventures» et «La petite merveille» ne forment plus qu’un via LPM. Cette structure emploie aujourd’hui 130 salariés et figure parmi les plus gros employeurs de la région. A côté des 60 millions d’euros investis dans des terrains et des immeubles, le groupe compte injecter 20 millions d’euros dans ces infrastructures et en ériger de nouvelles. Son but? «Faire de nos Ardennes une zone de vacances et non plus de weekend», explique Bart Maerten. Car si les visiteurs sont au rendez-vous les samedis et dimanches c’est nettement moins le cas en semaine. Durbuy propose une foule de restaurants, de circuits de promenade, d’activités sportives avec d’une part la course à pieds, la randonnée équestre et le cyclisme. Et d’autre part, le parc LPM avec son offre en kayak, parcours aventure et autres activités sportives extérieures.

Pour compléter cette offre, Bart Maerten et Marc Coucke misent sur un centre de loisirs couvert histoire de se prémunir des aléas de la météo. Sa construction débutera en septembre «avec peut-être plus tard une piste de ski indoor», annonce Bart Maerten. Un centre de bien-être est attendu pour avril 2018 à l’arrière de l’actuel hôtel-restaurant «Jean de Bohème» avec piscine, hammam, jacuzzi et sauna. «Notre volonté est de travailler davantage toute l’année avec plus de commerces haut de gamme». Et dans les ruelles pavées de Durbuy, les boutiques d’artisanat et autres galeries commencent à ouvrir. L’office du tourisme offre pour sa part de nouvelles activités comme un marché breton qui signera sa 2ème édition début avril.

Si Durbuy séduit principalement les néerlandophones, la petite ville attire aussi des visiteurs en provenance de Wallonie, du nord de la France, d’Allemagne et du Grand-Duché, distant de 120 km. Une clientèle que Marc Coucke et Bart Maerten entendent préserver, même s’il existe quelques points communs avec la ville luxembourgeoise de Clervaux. «Il y a beaucoup plus de choses à faire ici, beaucoup plus d’animations», insiste Bart Maerten.

Celui-ci regarde aussi un peu plus loin avec les touristes chinois. Il est en pourparlers avec un tour opérateur de l’Empire du milieu qui organise des circuits touristiques en Europe au départ de l’aéroport voisin de Liège, distant de 50 minutes en voiture. Quant aux Japonais, «ils cherchent l’authenticité» en venant à Durbuy, après un arrêt à Bruges et Bruxelles. A l’Office du tourisme de la ville, on confirme cet attrait nippon mais on le relativise: depuis les attentats de Bruxelles en mars 2016, leur présence aurait été divisée par cinq. Un élément qui est loin de refroidir les ardeurs de Bart Maerten, qui n’oublie pas sa première zone de chalandise: «On a l’impression que les gens n’iront plus aussi loin (en vacances) dans le futur». On parie?