CAPELLEN
CATHERINE KURZAWA

L’ex start-up SeeZam se distingue avec une solution de coffre-fort pour les données

En juin dernier, la société SeeZam faisait parler d’elle en annonçant un Management Buy Out. La start-up fondée en 2009 par Pierre Van Wambeke et son associé Khamlek Phommaxay reprenait ainsi son indépendance après deux ans et demi passés sous le giron de Systemat.

«Je tire pas mal de choses positives de l’aventure», commente le CEO qui, avec son associé et un actionnaire historique, détiennent à présent 90% de la société. Celle-ci a pu engranger des contrats à l’étranger, ce qui aide évidemment à sa croissance. D’ailleurs, elle vient d’achever son premier trimestre autonome dans le vert, un signe encourageant aux dires de son dirigeant. Si aujourd’hui SeeZam occupe cinq personnes en freelance, elle compte recruter des salariés l’an prochain. Pour 2016, elle vise plus de 300.000 euros de chiffre d’affaires et même 500.000 euros d’ici à 2017. «À la fin de l’année, nous pourrons annoncer un très gros client dans le secteur bancaire», confie Pierre Van Wambeke.

Une idée, un environnement propice

Ingénieur industriel de formation, le responsable de 46 ans est tombé dans la marmite de l’informatique très tôt. D’abord gestionnaire de projets au sein de PwC, il assure ensuite le développement du dossier électronique en milieu hospitalier. C’est à ce moment-là qu’il se rend compte que dans le monde numérique, certaines données confidentielles liées à une personne ne jouissent pas d’espace pourvu de véritable secret. L’idée de créer un coffre-fort de données germe alors dans son esprit et, en 2009 après un accident de paramoteur qui l’immobilise, l’entrepreneur se remet en question et lance sa start-up sous la houlette du Technoport. Son concept bénéficie au Luxembourg d’un terreau particulièrement fertile compte-tenu du fait que la législation prévoit que le cryptage est libre et qu’en plus, un prestataire de services n’est pas considéré comme un auxiliaire de justice et donc, n’a pas la capacité de décrypter l’information.

À PROPOS

SeeZam

S’il y a bien une étape délicate dans le processus de création d’une société, c’est celle du nom.
Il doit, entre autres, être facile à prononcer, être disponible sur Internet et être accessible dans différentes langues.

La caverne d’Alibaba

Pierre Van Wambeke a demandé conseil à une petite fille pour savoir ce qui, pour elle, évoquait un endroit dans lequel on pourrait cacher tous ses secrets. Sa réponse fut claire: la caverne d’Alibaba et son célèbre «Sésame ouvre-toi». Voilà d’où vient le nom de SeeZam.

«On est assez unique sur le marché», reconnaît Pierre Van Wambeke qui compte parmi ses clients des banques, des compagnies d’assurances, des sociétés actives dans le droit, la propriété intellectuelle mais aussi des firmes qui souhaitent simplement mettre à l’abri des regards des documents confidentiels tels que des fiches de paie. De trois serveurs en 2011, SeeZam occupe à présent quatorze «Virtual Machines» hébergées par POST dans un «virtual private cloud».

La licence pour croître

Et pour poursuivre son développement, la firme peut compter sur un nouveau mode de commercialisation: la licence. Concrètement, elle met à la disposition du client une licence et limite son rôle à celui de mise à jour corrective et évolutive. De la sorte, «le produit va grandir, c’est une autre façon d’industrialiser», soutient Pierre Van Wambeke.

Reste qu’héberger les données de clients sans en connaître la teneur n’est pas sans risque. «Il m’est déjà arrivé par le passé de refuser une société parce que je ne la sentais pas, elle ne prônait pas des valeurs qui sont les miennes», tempère le dirigeant.

Si actuellement sa société n’est pas tenue de mettre en place un KYC («know your customer»), cela pourrait arriver plus tard. En attendant, Pierre Van Wambeke défend bec et ongles son activité: «Dans une démocratie, je trouve important que le secret reste quelque chose de présent: il s’agit autant du secret du vote que du secret médical, celui de l’instruction (juridique) et aussi des sources journalistiques», conclut-il.

www.seezam.com