LUXEMBOURG
CLAUDE KARGER

Le point sur les Centres de Compétences dans l’artisanat

Si tout va bien, les Centres de compétences de l’artisanat pourront emménager début 2021 dans leurs locaux flambants neufs au Krakelshaff à Bettembourg, à deux pas de l’Institut de Formation Sectoriel du Bâtiment. Sur les 2,5 hectares mis à disposition par le ministère de l’Economie, le secteur réunira alors dans des bâtiments dont le mode de construction avec des matériaux  de la région seront autant des emblèmes du savoir-faire artisanals, ses désormais trois CdC, aujourd’hui répartis sur plusieurs sites, dont Bettembourg, Contern et Bascharage. «Ce sera un jalon important de plus dans l’histoire des Centres de compétences», se réjouit Marc Ant, Administrateur-délégué des CdC qui ont pris leur envol il y a cinq ans à peine, sur fond du programme européen «Build Up Skills - Energy Training for Builders».

Se donner les outils pour rester au top du savoir-faire

Un outil de stimulation de la formation professionnelle continue des artisans du secteur de la construction et de la rénovation d’habitations à haute performance énergétique qui s’est décliné au Luxembourg par le projet LuxBuild2020, monté par un partenariat composé de Myenergy, de l’IFSB, de la Chambre des Métiers et de la Fédération des Artisans. Objectif: se donner les outils pour maintenir les collaborateurs des entreprises artisanales au top du savoir-faire dans leurs secteurs. Pour assurer le financement de cet effort, ces derniers, en accord avec les syndicats, investissent une partie de leur masse salariale dans des mesures de  formation professionnelle au profit de leurs salariés.
L’année dernière, le Centre de compétences «Digitaalt Handwierk» (CdC Digi-HW) est venu rejoindre les Groupements d’Intérêts Economiques CdC Génie Technique (GTB) et CdC Parachèvement (PAR). Appelé à devenir le partenaire de référence des entreprises artisanales  en matière de compétences pour la maîtrise de la transformation digitale, le CdC Digi-HW est en train de prendre ses marques. Marquée, l’année 2019 l’aura aussi été par la fondation du 3C, l’homologue du CdC GTB à Praïa au Cap Vert. Ce dernier fournissant par voie digitale des mesures de formations professionnelles initiales et continues, des services d’ingénierie des compétences, d’audit, de conseil et d’accompagnement dans les secteurs de l’efficience énergétique et des énergies renouvelables.

Plus de 20.200 personnes formées

Mais le concept des CdC, qui ont depuis 2016 offert 5.751 sessions de cours avec 20.223 participants, fait aussi des émules au Grand-Duché. Ainsi, des centres de formation sectoriels sur le même modèle ont été montés avec la House of Automobile, le secteur des services de sécurité ou encore avec la Confédération Hair and Beauty Tattoo Guild a.s.b.l. représentant les activités de la coiffure, de l’esthétisme, et du tatouage. Voici que la Chambre Immobilière et les syndicats s’apprêtent à ficeler un accord interprofessionnel pour la mise en place d’une Académie de l’Immobilier. Si un nombre de formations obligatoires est assuré par les CdC - surtout en matière de sécurité et de santé au travail -  la crise du Covid-19 a évidemment pesé là aussi sur les activités, qui n’ont pu avoir lieu que de manière très restreinte en mars et en avril, indique Marc Ant, qui estime pour cette année un nombre de participants aux formations aux alentours de 5.200 contre 7.500 l’an dernier. Et sans doute que les cours à distance occuperont plus de place dans l’offre à l’avenir.