LUXEMBOURG
FABIEN VRIGNON

De nombreuses incertitudes entourent toujours les perspectives économiques mondiales. L’escalade des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine et la montée du protectionnisme, concrétisée par l’instauration de nouveaux droits de douane, créent une menace pour la croissance mondiale. Par ailleurs, les risques géopolitiques sont nombreux: Iran, Venezuela, Corée du Nord, Pakistan. Enfin, les risques monétaires et financiers persistent dans un environnement économique de haut de cycle, et alors que l’endettement reste massif. 

Fabien Vrignon CEO de Keytrade Luxembourg - Lëtzebuerger Journal
Fabien Vrignon CEO de Keytrade Luxembourg

Ce contexte incertain, qui pèse sur l’activité mondiale, a eu pour conséquence d’uniformiser les discours des banquiers centraux, avec une tonalité plus accommodante qu’en 2018. La Réserve fédérale américaine (Fed), qui annonçait quatre hausses en 2019, a finalement arrêté ses hausses de taux et pourrait même réduire ces derniers en fin d’année. La Banque centrale européenne a emboîté le pas de la Fed en stoppant son début de normalisation et en repoussant à début 2020 une éventuelle première hausse de taux. En outre, de nouvelles opérations ciblées de refinancement de long terme seront mises en place en septembre 2019, afin de stimuler la distribution de crédit dans la Zone euro et l’inflation. Au Japon, la Banque centrale (BoJ) n’a pas non plus modifié sa politique monétaire ultra-accommodante.

Les pays émergents sont également bénéficiaires de ce changement de ton. En effet, les nombreuses hausses de taux de la Fed en 2018 avaient conduit les investisseurs à déserter les marchés émergents pour le marché obligataire américain. Les Banques centrales des principaux pays émergents avaient alors été contraintes de resserrer leurs politiques monétaires pour lutter contre ces fuites, souvent liées à une baisse des devises émergentes (livre turque, peso argentin) et à une spirale inflationniste. En 2019, alors que les perspectives de croissance se sont dégradées, ces Banques pourraient assouplir leur politique monétaire et soulager les entreprises et les ménages. Le taux directeur de la Banque centrale turque est par exemple de 24% actuellement.

Les Etats-Unis affichent des chiffres de croissance en trompe l’œil. En effet, au premier trimestre la croissance a été élevée (3,1% en rythme annualisé), mais l’explication vient d’une progression des stocks inhabituelle, qui risque de se corriger durant l’année. A contrario, la dynamique interne montre des signes d’essoufflement, à commencer par l’investissement des entreprises.

Si la croissance de la Zone euro a été revue à la baisse par rapport aux estimations faites fin 2018, elle demeure robuste. En effet, le taux de chômage dans l’Union monétaire continue de diminuer et le secteur des services, premier contributeur à l’activité, offre toujours des gages solides de croissance.

Parmi les pays de la Zone euro, la croissance française figurera parmi les plus solides en 2019. Cette année, la croissance du revenu disponible devrait permettre de restaurer la confiance des ménages et leur consommation. En outre, le prix du baril de Brent devrait également diminuer cette année, autour de 65$ de moyenne contre 72$ en 2018. Du côté des entreprises, l’investissement demeurerait dynamique en raison de capacités de production élevées, qui ne suffisent pas à répondre à la demande selon les dernières enquêtes de l’Insee.

Au Royaume-Uni, les perspectives de croissance demeurent dépendantes des suites du Brexit. La Première ministre britannique, Theresa May, a remis sa démission. Cette décision fait suite au tollé provoqué par son ultime tentative pour faire adopter au Parlement l’accord de Brexit conclu avec l’Union européenne, pourtant déjà rejeté à trois reprises depuis janvier. Son successeur devrait être connu mi-juillet. Le départ de Theresa May offre un avantage aux prétendants hard Brexiters, à l’instar de Boris Johnson, ancien ministre des Affaires étrangères et favoris des «bookmakers britanniques».

En Chine, la politique de relance de l’investissement public mise en place en début d’année pour soutenir l’activité porte ses fruits. En effet, la production industrielle rebondit et la croissance pourrait avoisiner les 6,3% cette année. Toutefois, ces mesures, ainsi que la diminution à plusieurs reprises du taux de réserve obligatoire des banques, pourraient conduire la dette du pays à augmenter de nouveau alors qu’elle se situe toujours à des niveaux extrêmement élevés.

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