Il y a des moments plus désagréables pour fêter une première: Hier, Claude Wirion, le directeur du Commissariat aux Assurances a pu présenter un rapport annuel sur un secteur en pleine forme aux côtés d‘Annick Felten, membre du comité de direction. C‘était la première fois que Wirion a dressé le grand bilan de l‘année: ce n‘est que depuis janvier qu‘il se trouve à la tête de l‘autorité de contrôle d‘un domaine-clé de la place financière après avoir été désigné comme successeur de Victor Rod. Ce dernier ayant fait valoir ses droits à la retraite après plus de 34 ans de service.
Moins de six mois avant l‘entrée en vigueur du nouveau cadre prudentiel «Solvency II», auquel le secteur serait bien préparé, notamment grâce au soutien du Commissariat aux Assurances qui l‘accompagne depuis 2009 en la matière, la branche des assurances se trouve sur une bonne lancée. «L‘optimisme était de rigueur», rapportait hier Claude Wirion d‘une récente entrevue avec les assureurs et réassureurs, qui sont 321 au total à opérer sur ou à partir d‘un marché qui occupe le 8ième rang européen et le 19ième mondial en assurance vie et le 20ième rang européen et le 45ième rang mondial en assurance non vie, selon le rapport Sigma de Swiss Re.
Les chiffres du premier trimestre de l‘année montrent une progression des primes en assurance non vie de 3,63%, mais un recul de 2,34% des primes en assurance vie. Surtout, les produits vie classiques à garantie de rendement fixe dégringolent de plus de 27,52% alors que les produits vie en unité de compte qui investissent dans divers supports financiers se trouvent en hausse de près de 30%. Le dévissage des premiers, qui ont connu un franc succès au cours des dernières années, alors qu‘ils offrent des rendements supérieurs à d‘autres produits financiers dans un environnement de taux faibles, est autant le résultat d‘une politique délibérée des compagnies d‘assurances d‘y mettre un frein que de la bonne performance des marchés boursiers, qui ont gagné en attractivité ces derniers temps.
L‘assurance vie reste le moteur
S‘il y a des ajustements au sein de la branche, l‘assurance vie continue de monter, signant en 2014 un record avec près de 23,8 milliards d‘euros en primes brutes émises. A noter que la distribution de produits d‘assurance vie à l‘étranger rapportait en 2014 plus de 60% des primes encaissées. Géographiquement parlant, le plus gros marché est la France, suivi des autres pays de l‘espace économique européen et du «reste du monde». Une désignation qui rime surtout avec l‘Amérique du Sud pour l‘instant, où des assureurs vie répondent présent depuis quelques années. Avec succès, car la collecte nette des primes d‘assurance vie en provenance du «reste du monde» a quasi doublée par rapport à 2013. La Belgique, en revanche, reste un marché difficile, alors que de nombreux retraits de clients belges ont été enregistrés à la suite des nouveaux standards au niveau de l‘échange d‘informations fiscales. Des retraits qui se sont montés à quelque deux milliards d‘euros en 2013 et à un milliard en 2014 d‘après le Commissariat aux Assurances.
Sinistralité importante
Le secteur non vie a lui aussi progressé en 2014, mais à beaucoup moindre allure que la branche vie. Selon le Commissariat aux Assurances, l‘année dernière a été marquée par une sinistralité plus importante que l‘année d‘avant, ce qui a fait que le ratio des primes distribuées pour régler les dégâts a dépassé celui des primes encaissées. Ainsi, en responsabilité civile automobile, pour 100 euros encaissés, 120 ont été versés dans ce segment. A voir si certains assureurs vont revoir leurs primes.
176 millions d‘euros d‘impôts
Le marché de la réassurance, sur lequel le gros des entreprises du secteur de l‘assurance sont actives, a enregistré de son côté un recul au niveau des primes, de 9,5 milliards d‘euros en 2013 à quelque 9,3 milliards en 2014. Mais c‘est le marché dont les entreprises connaissent les résultats les plus importants avec 1,2 milliard d‘euros. A noter que le secteur de l‘assurance, qui emploie plus de 6.000 personnes, tendance croissante, est aussi un important générateur d‘impôts: ils affichaient en 2014 un total de 176 millions d‘euros contre 192 millions en 2013.
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