LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

La Journée luxembourgeoise du droit de la concurrence a lieu mardi

C’est l’un des piliers de notre économie et la Commission européenne s’en est faite le garant: la concurrence est pourtant en danger, à en croire l’une des interventions programmées mardi après-midi à la Chambre de Commerce dans le cadre de la 4ème Journée luxembourgeoise du droit de la concurrence.

«Nous sommes dans un contexte de fusions-acquisitions au niveau européen», pointe pour le «Journal» Maître Gabriel Bleser, avocat à la Cour et président de l’ALEDC (Association Luxembourgeoise pour l’étude du droit de la concurrence). «Mais le blocage d’un projet tel que la fusion entre Alstom et Siemens fait ressortir une thématique: on voit des tendances nationalistes et protectionnistes émerger dans certains pays».

Un autre sujet soulevé mardi relève de la digitalisation. En ligne de mire, les Gafa et la remise en question de certaines règlementations, comme c’est le cas par exemple en France. «La question que l’on se pose, c’est de savoir si les outils du droit à la concurrence adaptés aux grands acteurs tels que les Gafa», souligne Gabriel Bleser.

La soixantaine de participants se penchera également sur les «killer acquisitions», ces rachats opérés par des grandes structures. «Il y a une menace des grandes structures qui achètent des start-up et éliminent la concurrence», pointe l’avocat.

Agir en amont

Ce dernier appelle aussi à la mise en place de contrôles avant les fusions.

«Il faut un contrôle intelligent qui ne pénalise pas les entreprises mais qui anticipent les enjeux», dit le président de l’ALEDC.

Et de citer le scénario de deux promoteurs immobiliers qui se concerteraient sur une hausse des prix au Luxembourg.

S’ils se font épingler, ils seront sanctionnés. Mais en cas de rapprochement et de fusion, le duo pourra aussi augmenter les prix et cela, sans aucun contrôle.

«C’est l’absurdité du manque de contrôles ex-ante».

Selon le conseil, l’argument de la petite taille du marché luxembourgeois ne peut pas tout justifier. Son souhait? «Notifier une fusion au Conseil de la concurrence avant qu’il ne soit trop tard». Une idée qui sera débattue, avec d’autres, mardi dès 14.00 à la Chambre de Commerce.

www.competitionassociation.lu