LUXEMBOURG/SAINT-GHISLAIN
CATHERINE KURZAWA

Difficile d’estimer l’impact économique d’un possible centre de données au Luxembourg, une étude se penche toutefois sur un exemple en Wallonie

Les informations concernant une possible arrivée d’un centre de données de Google au Luxembourg agitent bien du monde, à commencer par le ministère de l’Economie où ce dossier «aurait dû (être) tranché fin janvier», a confié hier le ministre Etienne Schneider. Mais la question des terrains - ou plutôt du feu vert du consortium de propriétaires impliqués - coince un processus pour lequel Google a posé son ultimatum à ce vendredi 14 juillet.

En attendant, Etienne Schneider souligne les potentielles retombées économiques qu’apporterait ce centre de données au Grand-Duché. A première vue, difficile d’imaginer ce que des rangées de serveurs alignés dans un grand bâtiment apporteraient au pays. Pour tenter d’y voir plus clair, cap sur Saint-Ghislain, à l’extrême nord-ouest de la Grande Région.

Là-bas, Google a ouvert en 2009 un centre de données après deux années de travaux. En 2015, une deuxième unité a été mise en opérations ce qui porte l’investissement total du groupe à 775 millions d’euros. Aujourd’hui, 120 salariés travaillent à Saint-Ghislain dans des postes aussi variés que la direction, la maintenance et l’informatique.

Un chantier générateur d’emplois

En juin 2015, des chercheurs de «Copenhagen Economics» mandatés par Google ont publié une étude sur l’impact économique du centre de données du groupe en Belgique. Selon eux, Google aurait contribué au PIB à hauteur de 110 millions d’euros par an en moyenne depuis 2007, année du début des travaux de construction du centre, soit un total de 900 millions d’euros entre 2007 et 2014.

En ce qui concerne l’emploi direct et indirect, 1.500 nouveaux équivalents temps plein seraient générés chaque année.

Le, ou plutôt les chantiers, semblent être de gros contributeurs à ces indicateurs puisque les chercheurs danois totalisent 2.000 salariés pour ce poste, qui a mobilisé plus de 85 entreprises pendant plus de deux ans. Le centre de données s’est ensuite étendu avec la deuxième phase, et la dynamique pourrait continuer puisqu’en mai 2015, Google a annoncé l’introduction d’un permis pour une troisième extension.

Si ce nouveau projet venait à se concrétiser, Google doublerait la taille de son centre de données wallon avec 3.900 emplois directs et indirects durant la phase de construction et au final, une contribution de 2,2 milliards d’euros au PIB belge.

Patience au Grand-Duché

Mais revenons au Luxembourg: impossible pour l’instant de tirer ni de projeter une quelconque conclusion sur l’impact économique d’une possible ouverture d’un centre de données. Pour Etienne Schneider, une issue positive au dossier Google renforcerait l’image de marque du Luxembourg dans le cadre de son initiative «Digital Lëtzebuerg». En effet, quoi de mieux que d’avoir sur son sol le géant mondial de l’Internet et ses serveurs?

«Le Luxembourg les intéresse beaucoup à cause des coûts de l’énergie», a expliqué lundi le ministre l’Economie. L’électricité est en effet facturée 0,0767 euro/kWh selon les données d’Eurostat publiées fin 2016, soit 4% de moins que la moyenne de l’Union européenne.

Mais ce n’est pas le seul argument qui compte pour Google: gros consommateur d’électricité, il a aussi besoin d’eau pour le refroidissement de ses unités. Pour la petite histoire, son installation à Saint-Ghislain est liée à la présence d’un canal voisin dont l’eau est utilisée dans un système avancé de refroidissement par évaporation, une première pour le géant américain.

Celui-ci compte actuellement quatre centres de données en Europe, à Dublin (Irlande), à Eemshaven (Pays-Bas), à Hamina (Finlande) et à Saint-Ghislain (Belgique).