LUXEMBOURG
ROGER SPAUTZ

Bien que le Luxembourg ne compte aucune centrale nucléaire, le pays est entouré de sites que l’ONG Greenpeace surveille de près. L’avenir de l’énergie nucléaire chez nos voisins français a conduit l’organisation à réaliser une étude sur l’augmentation du niveau de sûreté des réacteurs dans le cadre du prolongement de leur durée de vie. Le chargé de campagne en matière de nucléaire Roger Spautz nous détaille cela. 

«Fin mars s’est achevée une première concertation publique sur l’amélioration de la sûreté des réacteurs de 900 MWe du parc nucléaire français, dans le cadre du 4ème réexamen périodique de ces derniers. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) va désormais devoir fixer les prescriptions génériques dans le cas d’une prolongation de la durée de vie de ces réacteurs. Un rapport commandé par Greenpeace auprès d’un expert indépendant a démontré que le niveau de sûreté des réacteurs existants ne pourrait jamais atteindre le niveau de sûreté des réacteurs de 3ème génération, alors qu’il s’agit pourtant de l’objectif visé par EDF.

L’ASN rendra son avis sur les conditions d’une prolongation début 2020; celui-ci sera ensuite soumis à une enquête publique. Greenpeace salue la prise de position du Luxembourg, de l’Autriche ainsi que de trois Länder allemands contre une prolongation au-delà de 40 ans, dans le cadre de cette concertation. Selon l’ONG, les pays voisins susceptibles d’être impactés par un accident nucléaire devraient être consultés sur les modifications proposées.

La seconde concertation publique sur le plan national de gestion des matières et déchets nucléaires (PNGMDR), organisé par l’État français, est en cours depuis ce 17 avril 2019. Ce débat sur les déchets nucléaires est un enjeu de société et de nombreux sujets y seront discutés: les déchets de très faible radioactivité, dont les volumes vont augmenter avec le démantèlement des centrales nucléaires, l’entreposage des combustibles usés, la gestion à long terme des déchets les plus radioactifs, la sûreté et la sécurité des installations et des transports ainsi que le coût et les risques de cette gestion.

Un rapport de Greenpeace publié récemment a démontré qu’aucune solution viable et sûre n’existe à l’heure actuelle pour la gestion et le stockage à long terme de ces déchets. Les pays voisins de la France sont potentiellement impactés par les risques liés aux déchets nucléaires: transports de déchets près des frontières et stockage de combustible usé dans des piscines mal protégées. Par exemple, le projet du centre de stockage géologique (Cigeo) à Bure n’est pas si éloigné des frontières allemande et luxembourgeoise. Une raison supplémentaire de demander l’arrêt de la production de ces déchets et la fermeture ses réacteurs nucléaires.»

www.greenpeace.org/luxembourg